Aller à Bath, ou plutôt retourner à Bath puisque la première fois date des années 80, c’était évidemment suivre les pas de Jane Austen. Bath, c’est vraiment l’étape obligatoire avec Steventon (le village natal de l’autrice) et Chawton où elle vécut ses dernières années.
Bath, Jane Austen y a séjourné souvent avant d’y habiter. En effet, en 1800, son père George Austen décide de prendre sa retraite de la paroisse de Steventon et de s’installer à Bath. Donc, la famille Austen doit trouver un logement, puisque plus de paroisse à la campagne. La famille ? Il s’agit à cette époque du père qui était révérend à la retraite, de la mère, et des deux soeurs : Jane et Cassandra, non mariées. Les frères, eux, sont déjà partis.
Si Bath est une ville pleine de vie à l’époque de Jane Austen, les logements ne sont pas si faciles à trouver qu’à la campagne. Jane doit se résoudre à se séparer de ses livres (pas ceux qu’elle a écrits, ceux qui garnissent sa bibliothèque) afin que tout se case dans les bagages. On ne parle pas de faire des cartons, comme de nos jours, et hop ! dans le camion de déménagement pour Bath !
La famille va habiter dans plusieurs logements : de 1801 à 1804 à Sydney place, près de Sydney gardens
Puis, ce sera Green Park.
Là, le père de Jane meurt. La veuve et ses deux filles sont plongées à la fois dans la tristesse, mais aussi dans des ennuis financiers (être une femme en 1805…).
Elles déménagent en premier au 25 Gay street. C’est dans cette rue, à quelques numéros que se situe le Jane Austen centre, un petit musée bien sympa.
Puis, la mère et ses filles iront de logements en logements, dans des quartiers mal famés (c’est ce que nous a raconté avec des anecdotes pittoresques le guide du Jane Austen centre). Jane, sa mère et sa Cassandra finiront par quitter Bath en 1807 pour résider chez Frank, le frère de Jane.
Mais entrons au Jane Austen centre !

Notre guide, en costume, nous rappelle les éléments clés de la vie de l’autrice.
On trouve des détails amusants

Des costumes utilisés dans les films et/ou les séries de la BBC

L’omniprésent Mr.Darcy/Colin Firth
Des objets et ustensiles
Bref, si les pièces ne sont pas très grandes (ni le musée), on est en immersion
Une lettre d’Emma Thompson qui jouait dans « Raisons et sentiments »
Un bureau pour écrire à la plume une lettre à Jane
Ce que j’ai fait (je suis très concentrée puisque ça faisait très longtemps que je n’avais pas utilisé une plume d’oie!)
Et j’ai laissé mon message, comme si ma lettre voyageait dans le temps…
Et non, nous n’avons pas pris de photos avec le mannequin de Mr Darcy (il y avait déjà des candidates). Nous avons papoté avec le guide. Parce que, quand on a une maman qui connait les danses de la période Regency et sait coudre les robes de cette époque, c’est l’occasion ou jamais !

ici, c’était à Nantes, pas à Bath et ce sont ses créations
D’actualité, plus que jamais : dimanche qui vient, c’est la fête des mères. Une occasion …de ne pas acheter de fleurs importées.
Une occasion de montrer des fleurs dans leur habitat naturel, par contre.
Je pense que par cette canicule, ça s’impose.
Voilà des photos prises en 2022, avec des familles bien mignonnes, au frais.
Direction gare de Paddington ! Oui, celle du célèbre petit ours ; il est un peu partout dans le hall et dans les boutiques, d’ailleurs. Il est peint sur un banc.

C’est amusant, parce que 6 ans plus tôt, on avait séjourné tous les trois dans un petit hôtel tout près de cette gare. Elle ressemble à ça :

Je dois dire que j’aime beaucoup ces lieux de passage, de transit où les gens scrutent les panneaux, attendent quelqu’un.
On y voit toutes sortes de choses et ce jour-là, pas le matin, mais en rentrant le soir, ce fut la surprise de croiser un renard, trottinant à travers le hall, bien tranquillement. Les célèbres renards de Londres.
Mais le matin, nous n’étions pas là pour admirer le petit ours ou d’éventuels renards. Non, nous prenions le train pour la ville de Bath. Elle se trouve à 1h15 en train de Londres. L’aller-retour était facile comme tout. de plus, ciel bleu et soleil étaient au rendez-vous.
Bath, vous savez, c’est une des grands lieux touristiques. D’une part, elle a été fondée au premier siècle par les Romains qui ont profité de ses sources naturelles d’eau chaude pour en faire une station thermale. La ville se nomme Aquae Sulis. Les thermes existent toujours (mais ont des prix exorbitants pour les visiter). Je vous montre l’extérieur.
Plus tard, la ville est aux mains des Saxons. Durant cette période troublée, Edgar le Pacifique se fait couronner dans l’église-abbaye de Bath en 959. Les Saxons appellent la ville Baðum, Baðan ou Baðon, « aux bains », et c’est de là que vient son nom actuel.
Mais n’oublions pas les Normands ! Le fils de Guillaume le conquérant (roi d’Angleterre en 1066), un certain Guillaume II ou Guillaume Le Roux nomme le médecin et chapelain Jean de Tours évêque de Wells. C’est jean de Tours qui élabore de nouveaux plans pour une église plus grande.
Puis, à nouveau, au 15ème siècle, l’abbaye-église de Bath en très mauvais état a besoin d’être réparée. L’évêque Oliver King ordonne la construction d’une nouvelle église, identique mais plus petite.
Le roi Henri VIII ferme l’abbaye de Bath ainsi que de nombreux autres couvents et monastères. Les moines sont contraints de quitter l’abbaye, qui est laissée à l’abandon. Mais sa fille, la reine Élisabeth Ire autorise une collecte nationale pour récolter des fonds destinés à la restauration de l’abbaye.
Vue sur l’abbaye-église depuis la Pumpr room, un joyau de l’époque géorgienne de Bath
La ville georgienne reflète l’ambition de John Wood père (1704-1754), Ralph Allen (1693-1764) et Richard « Beau » Nash (1674-1761) de transformer Bath en l’une des plus belles villes d’Europe, mêlant de façon harmonieuse architecture et paysage pour le plus grand plaisir des curistes.
Le style néo-classique des bâtiments publics (tels que l’Assembly Room et la Pump Room), est harmonie avec les proportions majestueuses des ensembles monumentaux (comme Queen Square, Circus et Royal Crescent), et reflète collectivement les ambitions, en particulier les ambitions sociales, de la ville thermale au XVIIIe siècle.
On se retrouve pour une promenade dans Bath la prochaine fois avec le Royal Crescent, le Circus et bien entendu, une visite du centre Jane Austen.
Il est temps que je parle enfin de ce séjour londonien. J’ai presque terminé le traitement de mes photos (et vidéos). Pas tout à fait, mais presque.
Je rappelle le contexte de cette semaine anglaise : pour l’anniversaire (80) de ma maman en octobre dernier, nous nous étions cotisé.e.s pour lui offrir un billet Nantes-Londres. Sachant que ma marraine habite là-bas, le logement ne constituait pas un souci.
Le train était plus avantageux que l’avion, mais un peu plus complexe (Nantes- Montparnasse – Gare du Nord et Eurostar)…sauf que je connais bien les transports parisiens, étant une ancienne séquano-dionysienne. J’étais donc du voyage, pour mon plus grand bonheur !
C’est donc par un temps radieux que nous avons traversé le Channel. Je n’avais jamais pris l’Eurostar. Franchement, c’est confortable et très agréable. Les formalités d’embarquement (passeport et cie) sont laborieuses au départ de Paris, mais bien plus agréables dans l’autre sens.
Métro et bus pour gagner notre lieu de séjour au nord de Londres. Je me suis amusée à photographier avec mon téléphone portable
Une fois à bon port, thé et biscuits
Dès le lendemain, une visite d’un petit musée était prévue. On a connu quelques déboires de transports (des arbres sur la voie de ce qui est l’équivalent de notre RER ! ) Ce fut épique, mais plutôt marrant quand j’y repense.
Mais on a visité The Museum of the Home, autrefois appelé Geffrye Museum of the Home situé dans les hospices de Geffrye, à Shoreditch quartier de l’Est de Londres.
En 1911, le London County Council (LCC) avait acheté le bâtiment et les jardins. Puis, comprenant qu’ une nouvelle vocation pouvait être donnée aux hospices, il les transforma en musée qui a ouvert ses portes en avril 1914.
Une partie du musée se décline en grands thèmes : se faire un foyer ; acheté, trouvé, donné (les objets qu’on amasse) ; durée de conservation (les objets qu’on expose chez soi) ; style et goût (comment notre habitat définit qui nous sommes et ce que les autres pensent de nous) ; ménage (garder notre intérieur propre) ; dans le jardin ; confort (l’évolution de l’éclairage, du mobilier au cours des siècles) ; foi (comment nous pratiquons chez nous nos croyances) ; amour et perte (le foyer est le lieu des émotions positives comme négatives) ; divertissement
La question d’être sans-abri
La collection variée présentée dans cette salle explore la manière dont nous acquérons les objets qui composent nos maisons et les histoires qu’ils racontent.
Style et goût :
Ce service à thé bleu et blanc produit en masse capitalise sur la popularité du style et des motifs japonais, tels que les tiges de bambou, les éventails, les rouleaux et les formes géométriques.Service à thé, 1876
Voici des affiches que j’ai trouvé très intéressantes. Elles datent des années 70, faites par le collectif d’artistes See Red Women’s Workshop de Londres. Leur volonté est de dénoncer et combattre les représentations sexistes dans les médias et la publicité.
Une vue sur les jardins
La seconde partie du musée présente quatre siècles de vie domestique. On assiste à l’évolution des habitations londoniennes de 1630 à 2049 (j’avoue que je ne sais plus si j’ai remarqué où était l’habitat de 2049, mais je ne l’ai pas en photo)
Vers 1630, la pièce commune de la maison. Ici la famille et son personnel prenaient leurs repas et traitaient les affaires courantes. Je pense que je n’ai pas pris d’autres photos. Mais j’ai une vidéo avec le son d’origine (on peut en rire)
Pas beaucoup non plus du salon de 1695.
Après le grand incendie de Londres en 1666, des milliers de nouvelles maisons furent construites. Le salon était un espace important pour recevoir et c’est là que la famille affichait sa richesse et son statut social à travers son mobilier.
Par contre, j’ai plus de photos du salon de 1745. Le thé de l’après-midi à la mode dépendait de produits comme les feuilles de thé et le sucre provenant de l’empire colonial britannique, en pleine expansion et empreint d’exploitation.
Et voici le salon de 1790. Conçu pour recevoir, ce salon était umineux, clair et impeccable afin d’impressionner les invités. Les activités qui s’y déroulaient étaient soumises à des règles sociales strictes en matière de bienséance et de décence.(!!! ça ne rigole pas)
Mais la cheminée est sympa
Et voici le salon (drawing room) de 1830, qui devient l’espace féminin par excellence…
Dans les années 1830, le salon était principalement utilisé par les femmes de la maison pour des activités « jugées convenables », comme la lecture ou la peinture (pas trop de lecture, n’est-ce pas?) On constate t un intérêt croissant pour la décoration intérieure.
Une maison de ville en 1878
C’est vraiment un bel intérieur. Voilà ce qui est indiqué « Située à Chelsea, cette maison mitoyenne était typique des habitations construites pour loger la classe moyenne londonienne en pleine expansion. Réparties sur quatre étages, les pièces bénéficient de hauts plafonds et de grandes baies vitrées qui inondent les espaces de lumière. Elle abritait probablement la famille et leurs domestiques, qui dormaient dans les combles. »
Un appartement dans un immeuble en 1913
L’appellation « immeubles Charlotte de Rothschild », ou simplement « immeubles Rothschild », désignait des immeubles dans le quartier de Spitalfields. Inaugurés en 1887, la plupart des 198 appartements furent rapidement loués. Les premiers locataires étaient pour la plupart de pauvres immigrants juifs originaires d’Europe de l’Est.
Ils ont été construits pour éradiquer les taudis du centre de Londres et améliorer le niveau de vie des Londoniens de la classe ouvrière. Mais, dans les années 1980, ces immeubles sont devenus à leur tour obsolètes, et synonymes de pauvreté. Ces immeubles Rothschild ont compté parmi les nombreux bâtiments démolis.
Les appartements des Rothschild Buildings étaient tous équipés de toilettes privatives, un luxe rare dans les logements de l’East End jusque dans les années 1900. Dans certains immeubles, six cents locataires devaient se partager seulement trente toilettes.
Voilà à quoi ressemblaient ces immeubles de l’extérieur

1956, dans une maison mitoyenne
Le salon en 1979
Un appartement en 2005
Face à une forte croissance démographique, les autorités locales ont construit des immeubles de grande hauteur comme Withy House entre les années 1950 et le début des années 1970, dans le but de créer des « rues suspendues ».
Une maison mitoyenne en 2024. Elle est typique de celles construites pendant le boom du logement social des années 1990 et 2000. Il y a une petite histoire de la famille à chaque fois. On est vraiment dans le contexte, avec les sons et/ou de la musique.
Les briques
Et moi dans un des plus anciens miroirs

En conclusion, j’ai découvert un musée peu connu et très chouette (et gratuit, bien sûr). Vraiment, ça valait le coup de se tromper de bus et « les arbres sur la voie » (on ne saura jamais rien à ce sujet). Pour rentrer, le métro a été un peu plus long, mais finalement, on a vaincu la malédiction 😉
En fait, voilà une semaine pile-poil que je suis revenue par l’Eurostar, mais il m’a fallu un peu de temps pour me remettre dans le quotidien français.
J’ai encore des photos à trier, en particulier celles prises à Bath où nous avons passé une journée ; c’est très accessible depuis la gare de Paddington, par le train.
Voilà le petit ours du même nom sur l’un des bancs de la gare.
Il a fait un très beau temps ensoleillé quasiment toute la semaine. En fait, j’ai retrouvé la pluie en revenant en France.
Sinon, à Londres, nous avons visité deux musées : The Museum of the home, pas très connu, mais très intéressant. J’ai des vidéos à monter, ceci dit.
Et bien sûr, nous avons arpenté une bonne partie du Victoria & Albert Museum.
Pour Bath, c’est le Jane Austen centre qui a retenu notre attention. Et nous voilà, ma maman et moi près de la célèbre autrice. Le vent nous ébouriffait les cheveux, le soleil dans les yeux ( c’est un peu pénible pour moi de passer des lunettes de vue au lunettes de soleil, j’avoue).
Bref, prochain article avec des photos et je vous raconte un bout de notre périple.
Le parc de Procé comprend sept statues qui sont des allégories. Elles sont réparties dans le parc.
Trois d’entre elles se situent au pied du fameux pont Jules-César, au bord un petit bassin rectangulaire qui ressemble à des termes. En fait, cette ouvre signée Étienne-Édouard Suc provient de l’ancienne poissonnerie municipale qui s’élevait à la pointe est de l’Île Feydeau avant d’être démolie en 1939 à la suite des travaux de comblements des bras de la Loire. Eh oui, Nantes était surnommée « la petite Venise de l’Ouest », mais ça fait bien longtemps.
Donc, les statues en question représentent :
La Loire et Grand Lieu
Grand Lieu
L’Océan
Et voici le pont Jules César dont je parlais. Son nom vient de la légende selon laquelle il aurait remonté la rivière jusqu’à cet endroit le « Repos de Jules César ». Autant dire que c’est plus que douteux voire carrément inventé, mais le nom est resté à cet édifice qui date de 1879
Tiens, ce qui m’amène à vous dire un mot de notre autre célèbre pont qui ne cesse de faire l’actualité, le pont Anne de Bretagne. Comme il est en travaux pour un agrandissement impressionnant, il défraie la chronique. On a attendu le tablier du pont construit en Italie qui a été retardé durant des mois à cause du mauvais temps. Il est arrivé et non, je n’étais pas sur place, hélas (c’est ici)
Par contre, je suis allée le voir de près. Gigantesque.
Voilà pour les ponts. Je vais bientôt avoir des photos tout à fait différentes puisque je pars à Londres mardi. En attendant, vous pouvez revoir celles de 2019 ici
Je termine cette série de trois articles sur l’exposition « Sorcières » (excellente, si jamais j’avais oublié de préciser…), située au château des Ducs, à Nantes. Elle dure jusqu’au 28 juin, ce qui signifie que vous avez encore le temps d’y aller. Comme pour toutes les expos du château, je conseille vivement de réserver votre créneau en ligne à l’avance, ce qui permet de réduire sérieusement le temps d’attente et, surtout, d’être certain.e de pouvoir entrer.
Tout est indiqué sur le site, évidemment 😉
Pour qui ne connaît pas le château, il y a l’exposition permanente à voir aussi. L’accès à la cour intérieure et aux remparts est gratuite (il faut en profiter, on a une belle vue d’en haut, ça par exemple)
Le quartier du château est desservi par le tram (ligne 1) et le busway (4), entre autres. La cathédrale est juste à côté.
Voilà, j’ai joué les guides touristiques, mais revenons à nos sorcières !
Une partie de l’expo est consacrée au bestiaire traditionnellement associé aux sorcières: le bouc, le corbeau, le hibou, le renard… le chat noir !
On peut aussi voir des ustensiles tels que le chaudron, le mortier, des grimoires…
Cette incroyable marionnette représente Old Mother Shipton : c’est donc la plus ancienne marionnette connue d’une prophétesse anglaise (1488-1561) qui prédit la victoire d’Henri VIII contre les Français. Faite de bois sculpté, elle possède un mécanisme qui lui permettait de fumer la pipe sur scène. Datant du début du 18e siècle, elle passa de la troupe des Middleton à celle de Clunn Lewis, le dernier marionnettiste ambulant d’Angleterre.
En 1862, la parution de La Sorcière de Michelet va changer la donne.
Surfant sur l’intérêt de ses contemporains pour le spiritisme et l’occulte, ainsi que sur l’émergence de questions liées à la condition féminine, il va faire des sorcières des figures symboliques de rébellion.
La salle qui est consacrée à la peinture du XIXe siècle illustre ce basculement. On y trouve la préraphaéliteCircé de John William Waterhouse de 1911, où la magicienne incarne une femme puissante : savante, comme le suggère la présence d’une fiole, dominatrice, au point de ne pas accorder un regard à la panthère qui l’observe, mais apaisée.
Autre représentation dans l’art : La sorcière au chat noir de Paul Ranson
Une dernière vitrine montre la figure de la sorcière au XX et XXI ème S. Les féministes se sont emparées depuis les années 1960-70 de cette icône, de cette représentation d’une femme forte qui lutte contre le patriarcat et qui devient aussi une puissante activiste écologique, avec les figures par exemple de Starhawk, ou avant elle de Françoise d’Eaubonne qui, en France, va associer écologie et féminisme, et revendiquer la figure de la sorcière.
Il y a aussi ces objets intéressants fournis par une association qui attestent de la survivance de la sorcellerie et des rituels dans les campagnes.
J’ai donc fini ma série de photos et je ne peux que vous conseiller d’aller voir !
D’accord, je ne suis pas très originale : on voit ça partout, cette nostalgie de 2016. D’ailleurs, pourquoi 2016 et pas…2006 ? ou 1996 ? Ah, oui, parce que sur Insta ou Tiktok, beaucoup n’avaient pas encore vu le jour si loin en arrière.
Je vais me contenter de photos de 2016, même si j’en ai de 2006 en digital (un peu) et en argentique bien plus anciennes.
Donc, je commence par quelques vues de Nantes, avec les librairies, dont l’Atalante, pour l’imaginaire.
2016, c’est une année synonyme de formation, pour moi. J’ai passé beaucoup de temps aussi en stage (pour valider un titre professionnel). Je logeais à cette époque chez ma grand-mère, sur la côte, car je n’avais rien trouvé du côté de Nantes. J’ai donc des photos de plage !
Toujours parce que j’étais dans ce parcours de formation, j’ai eu très peu l’occasion de me reposer (ce qui m’a valu un burn out au bout du compte, mais c’est une autre histoire). Durant les rares congés, j’étais partie avec ma fille, encore ado à ce moment, revoir là où nous avions vécu en région parisienne.
Puis direction le Val de Loire et le parc animalier de Beauval.
Vous avez sûrement entendu parler des pandas à Beauval. Un couple était arrivé en 2012 en provenance de Chine. Des bébés sont nés. Certains pandas sont repartis. Mais il reste des pandas à Beauval. Ce qui est certain, c’est qu’on avait eu du mal à le photographier !
Par contre, il y en a un que je pouvais photographier facilement, c’était notre regretté Sam
Et Galice était encore bien jeune
Et elle n’était pas la seule …
Alors, moi, on ne me voit pas. J’ai dit plus haut que l’année 2016 avait été dure et compliquée ; tellement que je l’ai terminée dans un mauvais état de santé. Les rares portraits de moi le montrent bien : pas heureuse, crevée, et donc, je ne les ai pas gardés. Franchement, je me préfère avec mes 10 ans de plus et mon équilibre actuel. C’est paradoxal, mais c’est ainsi, car j’étais vraiment au bout du rouleau à la fin 2016. Comme quoi, c’est pas toujours mieux avant 🙂
Allez, on enfourche son balai et on poursuit la visite de l’exposition « Sorcières! »
Le terme « sorcier » apparaît vers le XIIe siècle pour désigner les hommes et les femmes qui jetaient des sorts.
Au XIVe siècle, on associe sorcellerie et hérésie. Suspectées de frayer avec le diable, les sorcières enfreignent l’ordre divin sur terre et favorisent le règne de l’Antéchrist. Elles sont rendues responsables de tous les maux : meurtres, vols d’enfants, empoisonnements, mais aussi catastrophes météorologiques, famines, épidémies…
Lors de fêtes sulfureuses, les fameux sabbats dont le nom vient du Shabbat des juifs, elles séduisent les hommes et pratiquent des rites tels que le « baiser infâme », qui consiste à embrasser l’anus d’un bouc, comme on peut le voir sur des gravures et tableaux.
La publication en 1487 du Malleus Maleficarum, dont un exemplaire figure à l’exposition, a donné un cadre aux crimes de sorcellerie, dorénavant considérés comme une spécificité féminine. La chasse aux sorcières pouvait officiellement commencer, avec son lot d’injustices, de tortures et de bûchers.
Le Malleus Maleficarum (littéralement « le Marteau des sorcières », c’est-à-dire le marteau contre les sorcières), est un traité de « démonologie » écrit par deux moines dominicains
On estime qu’il y a eu entre 90 000 et 110 000 procès en Europe, situés sur un arc de cercle allant des Pyrénées à la vallée du Rhône, passant par les Alpes et les Flandres, et se terminant en Écosse. Pour ce qui concerne la France, ils se sont multipliés dans des régions éloignées du pouvoir central, comme le Pays basque, où les traditions locales étaient enracinées. En envoyant des inquisiteurs ou en saisissant des tribunaux locaux, les autorités espéraient ainsi asseoir leur position.
Au XVIe siècle, les artistes ont trouvé dans la description des sorcières et des sabbats un terrain de jeu pour leur imagination fertile, et un alibi pour réaliser des nus qui ne soient ni religieux ni allégoriques. Dans leurs gravures, Albrecht Dürer et Hans Baldung Grien s’en donnent à cœur joie. Le premier décrit de séduisantes sorcières dansant sous le regard du démon, avec lequel elles se sont sans doute accouplées, tandis que le second représente des sorcières nues préparant des potions et volant sur le dos de boucs. Au siècle suivant sont nées quantité de scènes de genre détaillant la préparation du sabbat ou le sabbat lui-même. L’illustre David Teniers II, dit l Jeune, figure parmi les adeptes de ces petits formats, que l’on cachait sans doute aux regards innocents.
L’affaire des poisons
C’est Louis XIV qui met un coup d’arrêt à la chasse aux sorcières en France. On ignore s’il était sensible au sort d’innocentes victimes dans les lointaines campagnes, mais son ancienne favorite Madame de Montespan a été éclaboussée par la fameuse « Affaire des poisons ». Elle aurait été en relation avec une empoisonneuse, « la Voisin », pour obtenir des poudres propres à lui rendre les faveurs du roi, et aurait participé à des messes noires. Le souverain réagit en faisant publier, en 1682, la Déclaration du Roy contre les magiciens, les sorciers et les empoisonneurs, qui distingue les vrais criminels et les imposteurs, et dépénalise la sorcellerie, assimilée à une superstition.
Ici, Madame de Montespan et ses enfants :
En espérant que cette formidable expo continue à vous ensorceler ! Suite et fin la prochaine fois
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