BONNES FETES A TOUS ! QUE L’ANNEE 2026 SOIT PROSPERE ET QU’ELLE VOUS APPORTE JOIE, SANTE ET BONHEUR !

Il y a eu beaucoup de livres sous le sapin de cette année !

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VOIX DES BALKANS (Editions La Rumeur libre, 2025)

Battements d’un même cœur, entre montagnes et mer qui chante dans les langues de la poésie universelle

Sommaire du Numéro 14-15 piloté par Joël Vernet

VOIX D’ALBANIE Arian Leka [Miriam Neziri Angoni], Luljeta Lleshanaku [Évelyne Noygues], Manjola Nasi [Ilia Lëngu] Rozafa Shpuza [Drita Brahimi]

VOIX DE BOSNIE ET- HERZÉGOVINE Selma Asotic[ Joël Vernet], Anita Pajevic [Mirza Puric]

VOIX DE CROATIE Ivana Bodrožic [Chloé Billon], Branko Cegec [Vanda Mikšic], Marija Dejanovic [Martina Kramer], Vanda Mikšic [Martina Kramer], Marko Pogacar [Martina Kramer, Vanda Mikšic, Brankica Radic] Olja Savicevic [Chloé Billon]

VOIX DU KOSOVO Eqrem Basha [Sébastien Gricourt], Arbër Selmani [Évelyne Noygues], Shpëtim Selmani [Festa Molliqaj]

VOIX DE MACÉDOINE DU NORD Daniela Andonovska-Trajkovska [Maria Béjanovska], Lydia Dimkovska [Maria Béjanovska], Liljana Dirjan [Maria Béjanovska], Ovica Ivanovski [Harita Wybrands], Vladimir Martinovski [Maria Béjanovska], Borche Panov [Zoran Nikolovski]

VOIX DU MONTÉNÉGRO Marija Dragnic [Živko Vlahovic], Tijana Rakocevic [ Joël Vernet]

VOIX DE SERBIE Danilo Lucic [Slobodan Ivanovic], Radmila Petrovic [Chloé Billon], Maša Senicic [Nikola Radic]

VOIX DE SLOVÉNIE Ivan Dobnik [Nadja Dobnik, Dominique Frin], Glorjana Veber [Sia Sanaren]

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Proposition : LES NEIGES ARGENTEES, roman de Živko Čingo (titre original: Srebrenite snegovi, Skopje, 1966)

Les neiges argentées ,  roman de Živko Čingo

traduit du macédonien par Maria Béjanovska

Après La Grande eau, voici le deuxième et dernier roman de Živko Čingo en français. Tout comme La grande eau, je l’ai traduit avant même de le proposer à un éditeur.

sujet

En cette période trouble où les incendies de la guerre fument encore, un jour gris d’automne arrive à Skutasko, un village perdu dans la montagne, la jeune institutrice Guenka Ilieska. Son objectif est d’y fonder la première école populaire afin d’ « ouvrir les yeux aux petits enfants aveugles », de semer une nouvelle graine d’instruction.

Les habitants de la vallée, qui vivent encore « à l’ancienne » avec leurs coutumes, préjugés et croyances, mais aussi avec leur haine, leur primitivisme, ignorance et superstition, accueillent froidement l’institutrice qui ne leur inspire pas confiance. Aussi essayent-ils d’empêcher son travail par des moyens vilains et brutaux. Mais Guenka résiste, grâce à l’amour qu’elle porte à son travail et aux enfants, elle tient bon. Sa sincérité et la pureté de son âme, ses yeux toujours brillants et souriants, sa persévérance et son bon cœur feront fondre la glace dans les cœurs des paysans.

extrait

« Tant d’années ont passé depuis ce temps-là, sans exagérer, peut-être mille, cinq mille. J’ai l’impression que c’est aujourd’hui que Guenka est arrivée chez nous à Skutasko. Je revois tout en détail. Je dois cependant dire que cette histoire s’est passée à l’époque où j’étais très simple, simple et ignorant. L’époque, à dire vrai, où j’étais aveugle, où, bien qu’ayant des yeux pour voir, je vivais dans une nuit noire. J’avais huit ou neuf ans et je n’avais pas encore touché à un crayon ou un cahier, je n’y pensais même pas. Mais ce que je vais te raconter maintenant, mon ami, c’est peu, une petite graine, une perle qui a (on ne sait comment) traversé la vaste écume de la vie. Imagine, mais il n’y a pas de quoi pleurer, si seulement j’avais eu un tout petit crayon et un bout de papier ; mais, je te l’ai dit, j’étais aveugle, aveugle et illettré. »

zivko_chingo

L’écrivain macédonien Živko Čingo (prononcer : Jivko Tchingo) est mort en 1987 à l’âge de 52 ans. Il a laissé derrière lui plusieurs recueils de récits, romans et textes dramatiques qui ont été traduits en anglais, serbo-croate, en albanais, en russe, en polonais, en slovène, en allemand, en hongrois et en français. Né dans le village de Velgochti, près du lac d’Ohrid, en Macédoine, Živko Čingo fait des études de lettres à l’université de Skopje. Il publie ses premiers récits en 1957. Son premier recueil Paskvelia, qui provoque l’enthousiasme de la critique mais aussi la méfiance du pouvoir, paraît en 1963. C’est une date dans la littérature macédonienne. On le compare à Isaac Babel par la vivacité du regard qu’il porte sur la période post révolutionnaire et par les couleurs impressionnistes de sa narration. Deux ans plus tard paraît le recueil La famille Ogoulinov puis celui de la Nouvelle Paskvelia, en 1966 le roman Les neiges argentées, en 1970 un autre recueil de récits Incendie, puis en 1971 le roman La Grande Eau. Ce dernier est traduit en plusieurs langues dont en anglais, en russe et en français et adapté au cinéma en 2004 par Ivo Trajkov sous le titre The Great Water. Dorénavant, Živko Čingo se consacre à l’écriture dramatique : Obrazov (1973), Eau-Mur (adaptation de La grande eau, 1976), avant de publier son dernier recueil de récits En bref (1984). Živko Čingo est lauréat de plusieurs prix littéraires yougoslaves.

« Je n’écris que si le sujet revient en rêve. »

« J’ai plus besoin de la vie que du papier. Mon premier livre, j’ai attendu cinq ans et je l’ai écrit en quatorze jours. Je n’écris que si le sujet auquel je pense revient en rêve. Sinon, il n’a pas de nécessité. La littérature, c’est toujours un défi, toujours un risque. » (Živko Čingo)

C’est dans la Comédie humaine que Živko Čingo a appris le plan de Paris. Il est fils de plâtrier. Dans sa formation, assure-t-il, le don de conteur de son père, sa culture, ont compté plus que les auteurs russes lus et adorés plus tard. Sa mère lui lisait la Bible ; c’était aussi une bonne école, à laquelle s’ajoutaient les merveilleuses histoires achetées par fascicules chez l’épicier, et dont il découvrit plus tard qu’elles étaient des extraits de grands classiques. 

« Živko Čingo était une comète. Au début des années soixante il a brûlé
pour nous éclairer un nouveau monde : sa Paskvelia, un pays au bord du lac d’Ohrid, un pays aussi imaginaire que réelle qu’est celui de Macondo de Marquez, ou Kukulino de Janevski, une utopie qui existe, que nous reconnaissons comme la nôtre, veillé et éclairé par la comète Čingo.
Cette place brillante dans la littérature macédonienne Čingo l’a d’abord méritée avec ses récits Paskvelia et Nouvelle Paskvelia. Dans ces récits, Čingo se définit comme un réaliste magique à la Marquez (avant d’entendre parler de Marquez), mais aussi comme un critique sévère de la réalité sociétale en Macédoine, surtout après « le souffle de la Révolution » d’après-guerre et pendant l’époque des grands
changements au détriment de l’individu. Dans le même temps, la beauté de son style installait un équilibre entre ce rude réalisme critique et son penchant pour le fantastique, le mythe, le rêve et la tradition pop. » (Venko Andonovski)

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+Proposition : TROIS MARIAS, roman de Olivera Ќorveziroska (Tri Marii, Ed. Libris, Skopje, 2024)

OLIVERA ЌORVEZIROSKA

TROIS MARIAS, PRIX RACINE 2025

Olivera Ќorveziroska (1965) est romancière, poétesse, essayiste et critique littéraire réputée. Elle est l’auteur de deux romans pour enfants (Le Petit Croissant Mirna et Mon frère du treizième étage), de deux romans pour adultes (Le Corps cadenassé de Lou et Ab’t), de deux recueils de poésie et de plusieurs recueils de nouvelles dont Deux Oreillers et Récits (inter)mêlés. Ce dernier a été récompensé par le Prix Stale Popov, décerné par l’Union des écrivains de Macédoine, et son histoire courte Agence événementielle a été classée parmi les meilleures en Europe (2019).

Ses nouvelles sont traduites en anglais, hongrois, albanais, turc, tchèque, serbe, slovène, bulgare, polonais et russe.

TROIS MARIAS (2024) est son troisième roman qui a reçu le prestigieux prix Racine 2025. Le sujet principal est l’amour. Les relations profondes entre les femmes et les hommes. Il raconte la vie de trois femmes, mais ce n’est pas un roman féministe. Ni un roman d’amour. Il s’agit de trois histoires distinctes de trois femmes, toutes prénommées Maria, qui veulent changer de vie, en commencer une autre. Si leurs problèmes sont différents, elles partagent la même quête. Et aussi l’appartement qu’elles souhaitent louer pour y trouver le salut. Mais quand il s’agit de l’amour, peut-il y avoir un salut ?

Le sous-titre du roman est « roman-basma ». Basma est une sorte de mantra prononcé par les voyantes, que l’on chuchote, qu’on ne doit pas entendre ni comprendre.

Trois Marias est un texte qui se lit d’un seul trait. Et qui reste gravé dans la mémoire.

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Proposition : AU GRE DU VENT, roman de Igor Andjelkov (Vetrilište, Ili Ili, Skopje, 2024)

Finaliste PRIX STALE POPOV 2024, décerné par l’Union des écrivains de Macédoine

« Ne laissez jamais la vérité gâcher une bonne histoire » (Mark Twain) 

AU GRE DU VENT (Ветрилиште) est le cinquième roman de Igor Andjelkov (1974). C’est un texte court et délicat, parfois grotesque et d’une sincérité brutale, dénudé jusqu’à l’os. Une histoire „on the road“.

L’action se déroule pendant une seule journée, entre deux chants du coq.

Boris ou l’Ecrivain approche de son 70ème anniversaire. Il vit à l’extérieur de la ville, dans la solitude, même s’il a une famille, et se consacre à l’écriture et à la lecture. Comme tout écrivain il espère voir son œuvre reconnue, mais le temps passe et rien ne vient. Jusqu’au jour où on lui annonce qu’il est lauréat d’un prix. Et c’est l’avalanche …

Le Paul Auster macédonien

Igor Andjelkov est critique de cinéma et auteur des ouvrages suivants : « Histoires douces » (nouvelles, 2006), « Au bord de la route » (roman, 2010), « Photo synthèse » (roman, 2013), « Film.mkd » (essai cinématographique, 2015), « Film City » (essai cinématographique, 2018), « Shrapnel » (roman, 2020), « Filmotopia » (essai cinématographique, 2022), « Double Exposition » (nouvelles, 2022), « Mina » (roman, 2023). Il écrit en macédonien.

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JOEL VERNET – LAUREAT DU GRAND PRIX DE POESIE ROBERT GANZO 2025

Chaque année depuis sa création en 2007 :
il distingue pour l’ensemble de son œuvre un poète majeur de langue française, un aventurier du verbe et de la vie, un passeur d’émotions et de défis, un arpenteur de grand large et d’inconnu.

Habitué des lents chemins, Joël Vernet pratique la marche-rêve dans une langue de haute intensité en hommage aux siens,
« à son père qui se promène dans les yeux de ma mère, à une mère partie, silencieuse, rejoindre la vieille absence de mon père,
à une grand-mère au verbe éblouissant, en un chant de grands partages intérieurs qui emporte au plus vif. »

Le prix Robert Ganzo distingue l’auteur d’un livre de poésie d’expression française en prise avec le mouvement du monde, loin du champ clos des laboratoires formalistes et des affèteries post-modernes. Ce prix entend saluer un poète de tempérament, un aventurier du verbe et de la vie, un passeur d’émotions et de défis, un arpenteur de grand large et d’inconnu.

« Un rien fait lever l’immense en moi. Un rien. La beauté d’un visage. Une fleur sur le bord d’un chemin, une silhouette, la nuit derrière un rideau. Un veilleur, quelque part dans le monde, inconnu. L’attente, la sourde, l’amère attente. Celle qui abolit la frontière entre la vie et la non-vie. Celle qui vous crève les poumons, vous arrache les yeux. L’attente : cette diablesse, cette sorcière, cette douce compagne. » (Joël Vernet)

https://www.etonnants-voyageurs.com/Tout-savoir-sur-le-Prix-Robert-Ganzo-de-Poesie.html

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Proposition : LE PARDON, roman de Kica Kolbe (Prostuvanje, éd. Ili Ili, Skopje, 2024)

Finaliste du Prix Roman de l’année 2024 en Macédoine

La réconciliation est possible, sinon entre les peuple du moins entre les descendants des victimes.

« À travers ce roman je voulais décrire le cercle tragique dans lequel se trouvent les habitants des Balkans, enfermés dans leur traumatisme insurmontable, portant en eux des ruines invisibles qui en réalité ne sont pas les leurs. L’archéologie de ces ruines invisibles inscrites dans l’âme me fascinait depuis des années. J’ai essayé de raconter l’histoire de ce scientifique qui se vit comme « archéologue des guerres ». Il y a une maison au bord d’un lac que j’avais toujours à l’esprit. Plus je me la représentais, plus ses habitants devenaient vivants ainsi que leur histoire, avec leurs traumatismes couvrant plusieurs générations mais aussi la capacité du plus jeune d’entre eux, le scientifique de Berlin, de pardonner quand il se retrouve confronté aux « apparitions » du passé de cette maison du pays des lacs où il est né. »  (Kica Kolbe)

Le personnage principal de ce roman est un psychothérapeute qui travaille à Berlin auprès d’enfants réfugiés, traumatisés par la guerre. Lui-même est un réfugié malgré lui ayant hérité des traumatismes de son père et de son grand-père liés à la guerre. Il est âgé de 11 ans, quand sa mère quitte son père et part avec lui en Allemagne sans donner la moindre explication sur sa séparation d’avec son père, sa ville et sa maison au bord du lac. Une fois adulte, il retourne dans sa ville natale pour comprendre ses peurs, retrouver ses souvenirs, connaître son père, même mort, se connaître lui-même. Et pardonner.

extraits en français :

Kica KOLBE est écrivaine, essayiste, traductrice et artiste peintre. Elle est née en 1951 en Macédoine dans une famille de réfugiés du nord de la Grèce. Elle a fait ses études de philosophie, d’histoire de l’art et de théorie de la littérature à l’Université de Belgrade (Serbie) et à celle de Skopje où elle a obtenu un doctorat avec une thèse sur « L’esthétique dans la philosophie allemande du dix-huitième siècle ». Pendant une dizaine d’années elle a enseigné l’esthétique à la Faculté de philosophie de Skopje. Elle est membre de l’Association des écrivains de Macédoine et de la Société Macédonienne de Philosophie.

Depuis une trentaine d’années elle vit en Allemagne où elle se consacre à la littérature et à la peinture. Elle écrit en macédonien et en allemand.

Kica Kolbe e l’autrice de six roman :

Les Egéens (1990),

La neige à Casablanca (2007, 2021))

Les femmes Gavrilov (2008)

La rivière en héritage, (Ein Fluss als Erbe, (Skopje et Langenfeld, 2009),

Le chevalier et la Byzantine (2020),

Pays des réfugiés (2018, 2023).

Le pardon (2024)

Prix :

Roman de l’année en 2006 pour La neige à Casablanca

Nominée au Prix Balkanika, en 2009 pour Les femmes Gavrilov

Finaliste du Prix Roman de l’année 2024 pour Le pardon

Plus d’informations sur son œuvre : https://mariabejanovska.wordpress.com/2021/01/28/proposition-le-chevalier-et-la-byzantine-roman-de-kica-kolbe-vitezot-i-vizantinkata-editions-ili-ili-skopje-2021/

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Proposition : L’AUTRE CORPS de Milorad PAVIC

L’AUTRE CORPS (2008) est le dernier grand roman écrit par Milorad Pavić (1929-2009). Il est en quelque sorte « l’autre corps » de son premier roman, Le Dictionnaire khazar.

L’autre corps est à la fois un conte, un roman d’amour et un thriller diabolique dont les personnages, y compris l’auteur, sont à la recherche du secret des secrets : retrouver la vie, le bonheur, l’amour et la santé grâce à une formule magique qui associe l’eau, le vers magique et la bague de pierre. Mais si cet autre corps existe, quel est son avenir ? Qu’y a-t-il après ? Qu’est-ce que l’éternité et Qu’est-ce qui est éternel ? Le présent ? L’amour éphémère mais aussi la recherche du bonheur.

Milorad Pavić nous propose une nouvelle variante d’encyclopédie, cette fois virtuelle et hypertextuelle. Le Dictionnaire khazar a été imaginé comme une reconstruction d’un original inexistant, L’autre corps est une œuvre originale d’un auteur inexistant, disparu. Le Dictionnaire khazar avait un exemplaire féminin et un exemplaire masculin. L’autre corps a un auteur indéterminé – le narrateur ou sa femme. Lisa Swift est une lectrice qui devient l’autre auteur de l’œuvre ergodique.

Le Dictionnaire khazar a été conçu comme un roman postmoderne sur la Création. L’autre corps comme roman postmoderne sur la Résurrection.

Les lecteurs du Dictionnaire khazar pouvaient le lire en formant des triades textuelles, c’est à dire en recherchant dans chacun des trois « livres » (rouge, vert et jaune) du dictionnaire le fragment correspondant (par exemple l’article « Ateh »). Dans L’autre corps le lecteur curieux peut chercher trois outils de divination dont deux possèdent trois versions, alors qu’un « lecteur sémiotique » peut appliquer sa créativité d’une autre manière (la lecture « par triades » est thématisée et ne demande pas un effort particulier). Cependant, le sous-titre – roman pieux – indique l’un des symbole de l’œuvre – la croix – qui joue le rôle de la clé dans la découverte de l’hypertexte.

Selon les spécialistes de l’œuvre de Pavić, L’autre corps est l’apogée de la théorie de sémantisation de la forme chez Pavić qui inclut les orientations ergodiques.

Milorad Pavić était un grand défenseur du livre électronique, tout comme Umberto Eco qui, dans sa conférence « de l’Internet à Gutenberg »* anticipe la vision des étagères de sa bibliothèque remplies de CD-Rom au lieu de livres. 

Ceci dit, L’autre corps peut être lu d’une façon classique, linéaire, tout comme Le Dictionnaire khazar. Et c’est une histoire passionnante.

L’autre corps a été traduit en anglais, en espagnol, en russe, en chinois, en slovène, en slovaque, en polonais, en roumain, en macédonien, en bulgare, en grec, en lituanien et en géorgien.

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MES TRADUCTIONS PUBLIEES EN 2024

Le dictionnaire khazar de Milorad Pavić (Editions Flora)

Mon cher mari de Rumena Bužarovska (Gallimard, poche)

Bonavia de Dragan Velikić (Agullo)

La graine noire de Taško Georgievski (Cambourakis)

Iskra de Vidosav Stevanović (Editions Flora)

La chair sauvage de Goran Stefanovski (Editions Flora)

https://www.amazon.fr/Livres-Maria-B%C3%A9janovska/s?rh=n%3A301061%2Cp_27%3AMaria%2BB%25C3%25A9janovska

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MES TRADUCTIONS

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et le 9 janvier 2025 :

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JE NE BOUGE PAS D’ICI, nouvelles de Rumena Bužarovska (Editions Gallimard, 2025)

Sortie le 9 janvier 2025

Traduit du macédonien par Maria Bejanovska.

Après le succès de Mon cher mari (Gallimard, 2022), le talent de Rumena Bužarovska se déploie de nouveau dans cette mosaïque de voyages et de déracinements, confirmant que sa plume est l’une des plus prometteuses de sa génération.

Quatrième de couverture

Recueil de nouvelles sur le thème de l’exil, du déplacement et des désillusions qui en découlent, dont la tonalité sarcastique fait écho à leur portée politique. Les protagonistes, en famille ou en couple, font face aux difficultés à s’intégrer ainsi qu’à la relation à un pays natal semblant désormais inhospitalier tout en étant confrontés aux promesses non tenues du rêve d’une vie meilleure.

« Expat' » installés dans les Balkans et Macédoniens en exil se croisent dans l’entrelacs de ces histoires, qui toutes mettent en scène des moments de séparation, de découverte ou de retrouvailles avec un lieu. Que ce soit volontairement ou contre leur gré, les personnages de ces nouvelles quittent une terre pour tenter d’en trouver une autre, qui serait plus accueillante. Hélas pour eux – mais heureusement pour nous -, il n’en est rien, et ces déplacements sont l’occasion d’une étude acérée, qui va du désopilant au tragique, des conséquences personnelles et politiques de ces exils contraints ou fantasmés.

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PRESSE

Un sommet d’humour sardonique

Que ce soit à la première où à la troisième personne, les récits de l’autrice macédonienne témoignent une fois encore de ses qualités dans le domaine de la raillerie, vis-à-vis de ses compatriotes, presque toujours des femmes, qu’elles habitent au pays ou soient expatriées, dans une contrée anglo-saxonne. Dans ces contes cruels, Rumena Bužarovska ne ménage personne, pas d’inquiétude, les hommes en prennent aussi pour leur grade, pointant du doigt la jalousie, la médiocrité, l’insatisfaction, la honte ou l’intolérance des unes et des autres, dans des situations embarrassantes de comparaisons de statut ou de confrontations. La nouvelliste ne craint pas les scènes à la limite du sordide, inconfortables autant pour les protagonistes que pour le lecteur, dont la seule défense est de rire jaune, s’il apprécie l’humour noir. La native de Skopje se surpasse dans sa dernière nouvelle, Le 8 mars – L’accordéon, un sommet d’humeur sardonique pour clouer au pilori la dégradation sociale de la Macédoine du Nord et les complexes et l’envie de ses habitants vis-à-vis de l’Amérique, qui reste terre de fantasmes, avant de devenir lieu de désillusions. (Lecteur somnambule (le 13 jan. 2025)

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Son style est cru, elle manie l’humour noir, le cynisme jusqu’à frôler le gore.

https://www.encres-vagabondes.com/magazine11/buzarovska.htm (le 13 jan.2025)

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Un visuel auquel on n’échappe pas

Caustiques récits d’exil, de solitude, d’intimes ratages où, en creux, se devinent le naufrage de la Macédoine,de ceux qui la fuient. Par la vivacité de sa plume, sa capacité à saisir en quelques phrases les implications d’un impromptu malaise sociale, Rumena Bužarovska plonge le lecteur dans le mirage de l’ambition, l’horreur de la compétition qu’il impose et surtout les arrangeants discours sur soi dont on pare nos vies pour que, tant bien que mal, on puisse continuer à s’acharner à en présenter une version acceptable. Avec un plaisir évident, avec aussi la retenue de n’en rien conclure, Je ne bouge pas d’ici en fait imploser les arrangements : un cadeau offert à une crémaillère, à un alcoolisme mal caché en passant par la découverte du désir ou l’insoutenable regard d’un retour au pays. (https://viduite.wordpress.com/2025/01/22/je-ne-bouge-pas-dici-rumena-buzarovska/

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Coup de cœur de la Librairie Delamain !

« Dotée d’une plume prodigieuse alliant cynisme et fantaisie, Rumena Buzarovska excelle et déploie les portraits merveilleux de personnages profondément humains, en quête d’ailleurs.

Un texte d’une finesse rare qui ne laisse pas indifférent. On en demande encore ! »

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Partir, rester, revenir : le dilemme des Macédoniens

par Jean-Marie Chamouard
21.01.2025

https://cult.news/livres/partir-rester-revenir-le-dilemme-des-macedoniens/

Dans ces 7 nouvelles, Rumena Buzarovska s’empare d’un problème majeur pour la Macédoine du Nord, l’émigration qui aurait concerné plus de dix pour cent de la population. L’auteure aborde ce sujet douloureux avec humour et tendresse. Le récit est souvent émouvant, parfois très drôle. Elle décrit avec beaucoup de finesse, les différences culturelles mais aussi les conflits de couples ou les difficultés psychologiques de ses personnages. 

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  • Une grande écrivaine contemporaine, à découvrir absolument !
  • Rumena Buzarovska revient, plus terrible que jamais ! Comme à son habitude, elle décortique les relations humaines avec un humour brutal et une intelligence farouche. Il est question du couple (où son regard féminin est particulièrement redoutable), de parents et enfants qui ne savent pas communiquer, d’amitiés perdues et plus ou moins renouées, d’exils plus ou moins réussis… Malgré son ton corrosif, ses portraits de femmes sont, au fond, touchants et empreints d’une douce nostalgie. (Mais ça reste très, très corrosif ! )
  • Une grande écrivaine contemporaine, à découvrir absolument.
  • Critique de Matilde Bagnis, le 29 Janvier 2025 (Atout livre)
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LE BLUES DES EXPATS

On a découvert le style vif et caustique de l’écrivaine et militante féministe macédonienne Rumena Bužarovska en 2022 avec « Mon cher mari », recueil de nouvelles où des femmes relataient sans fard leurs épreuves matrimoniales. Elle fait ici, en sept courts récits, une incursion dans le monde des expatriés, qu’il s’agisse de Macédoniens émigrés ou d’étrangers installés dans les Balkans. Bužarovska y épingle sans compassion, avec un humour souvent noir, leurs déceptions, leurs aigreurs, leurs hypocrisies et leurs mesquineries, égratignant au passage les errances de son propre pays où la mentalité patriarcale est encore dominante. Qu’ils fassent montre d’arrogantes réussites ou qu’ils composent avec de cinglants échecs, ces personnages constituent un concentré pathétique d’une humanité qui se débat dans l’illusion de donner un sens à son existence. (Par Véronique Cassarin-Grand, le Nouvel Obs, publié le 30 janvier 2025) https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20250130.OBS99699/je-ne-bouge-pas-d-ici-par-rumena-buzarovska-le-blues-des-expats.html

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UNE REUSSITE !

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Je demande à en lire plus! Et vite ! (lectrice Babélio, fév. 2025))

 Une plume critique, voir acerbe. Sublimé par l’écriture de l’autrice, riche de détails et de sentiments (bons ou mauvais).
Des textes durs et marquants.
Découverte de l’autrice avec ce livre et je demande à en lire plus ! Et vite !

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Quel plaisir de retrouver la voix malicieuse et piquante
de cette autrice originaire de Macédoine !

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S’il y a bien une écrivaine qui réussit à me faire rire, c’est Rumena Bužarovska.

Avec ces sept nouvelles, elle fonce tête baissée et balance sur un ton acide des horreurs sans nom. C’est cru, c’est trash, c’est glauque, c’est triste, c’est burlesque, et c’est tellement énorme que ça en devient drôle, terriblement drôle. Ces personnages sont soit au bord de la crise de nerfs, soit au fond du trou. Et souvent, très souvent, la situation dérape et devient hors de contrôle.

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UN REGARD MALIN ET IRONIQUE SUR LE NOUVEAU MONDE FEMININ


« Ces récits sont accablants. Ils mettent au jour la nouvelle vie des nouveaux riches (et moins riches) dans un nouveau pays conquis par la démocratie et la réussite individuelle. Sept longues nouvelles qui s’accordent au point que parfois elles se fondent et composent un roman édifiant. Originaire de Skopje en Macédoine, Rumena Bužarovska, autrice de fiction et traductrice littéraire, enseigne la littérature américaine. Perspicace, elle jette un regard malin et ironique sur le nouveau monde féminin qui l’entoure. » (Jean Yves Potel, En attendant Nadeau)

lire la suite :
https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/02/21/telle-une-jument-chassant-des-mouches-rumena-buzarovska/

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DES VIES ORDINAIRES MAIS JAMAIS BANALES

« Avec Je ne bouge pas d’ici, publié aux éditions Gallimard, Rumena Bužarovska signe un recueil de
nouvelles où les envies de mouvements de ses personnages se heurtent en permanence à une forme
de fatalité du réel. Tout bouge, et rien ne bouge en somme. Après le succès de Mon cher mari,
Rumena Bužarovska confirme son nouveau statut d’auteure à suivre.
Ce qui frappe chez Rumena Bužarovska, c’est cette capacité à saisir l’essentiel en peu de mots. Cette
faculté à poser, en quelques pages, des personnages, un univers, des destins. Dans Je ne bouge pas
d’ici, les récits se déploient avec une économie d’effets qui ne sacrifie jamais l’intensité. Chaque
phrase est pesée, chaque silence compte. Cette sobriété dans l’écriture laisse toute la place aux
détails, aux non-dits et à l’intériorité des personnages, dont les failles et les tensions affleurent.
À travers ces nouvelles, Bužarovska nous plonge dans un quotidien souvent dérangeant, parfois
douloureux, mais toujours poignant. Elle excelle à dépeindre des vies ordinaires, mais jamais banales,
où l’émotion surgit au détour d’une scène anodine . Les personnages, souvent féminins, luttent avec
des désirs inavoués, des rêves contrariés ou des réalités qu’ils n’ont pas choisies. Ces portraits,
empreints d’une profonde humanité, révèlent une sensibilité à fleur de peau et une conscience aiguë
des rapports de force sociaux et intimes.
C’est aussi une plongée dans un monde balkanique qui, à l’image des personnages, est en tension
perpétuelle entre modernité et héritage, entre envie de changement et racines tenaces. Rumena
Bužarovska explore cette dualité avec subtilité, offrant un regard précis et nuancé sur une société en
quête de sens. Les Balkans deviennent ainsi un personnage à part entière, un décor mouvant où les
contradictions se mélangent et se répondent. »
(Mathieu Soulas, https://www.widoobiz.com/2025/02/21/a-lire-je-ne-bouge-pas-dici/

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Avis des libraires

Je ne bouge pas d’ici

Ces femmes bougent, beaucoup, mais ne perdent rien de leur terre natale. C’est grinçant, cruel, désespérant… avec une telle pointe d’humour et beaucoup, beaucoup de tragicomédie.

Ana TORRES – Les Nouveautés (PARIS)

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LE MONDE DES LIVRES :

Je ne bouge pas d’ici de Rumena Buzarovska parmi les 5 livres de la semaine !

« Découverte en France en 2022 avec Mon cher mari (Gallimard), la plume acide de la Macédonienne Rumena Buzarovska avait séduit un large public. Dans ce recueil de nouvelles à la tonalité féministe marquée, elle passait le couple au scalpel. Son deuxième recueil traduit, Je ne bouge pas d’ici, peut sembler moins virulent. Il est surtout plus subtil. Il suggère sans asséner, laissant au lecteur le soin de tirer les conclusions de chacune des nouvelles, dont les fins sont assez ouvertes. La famille et le couple constituent toujours la matrice des histoires. Mais l’enjeu se déplace et s’enrichit en mettant en scène des personnages (le plus souvent anglo-saxons) expatriés dans les Balkans, ou des Macédoniens en exil ou en voyage, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni… » (le 6 mars 2025)

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UN REGAL !

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COUP DE COEUR DES LIBRAIRES

Ces femmes bougent, beaucoup, mais ne perdent rien de leur terre natale. C’est grinçant, cruel, désespérant… avec une telle pointe d’humour et beaucoup, beaucoup de tragicomédie.

Ana TORRES

https://www.librairielesnouveautes.com/livre/9782073028709-je-ne-bouge-pas-d-ici-rumena-buzarovska/

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Dans LIBERATION (19 avril 2025):

Toujours avec son style caustique ravageur, Rumena Buzarovska interroge avec finesse la notion du déracinement.
« J’aime critiquer la société, et je déteste le sentimentalisme. L’humour me permet de tuer ce sentimentalisme, et c’est également le meilleur moyen pour pointer la rigidité, le sexisme ou le racisme de quelqu’un ». (Rumena Buzarovska)

https://www.liberation.fr/culture/livres/je-ne-bouge-pas-dici-de-rumena-buzarovska-racines-macedoniennes

« A la troisième ou à la première personne, les femmes quadras de la classe moyenne qui s’expriment majoritairement dans ses livres voient leurs émotions exposées sans filtre, âprement moquées, mais avec une bienveillance certaine. Désabusées, Vesna, Sofia ou Svetlana doutent, et elles s’épuisent à tenir leur rôle de mère, d’épouse ou de célibataire. Elles sont tout autant incapables que les hommes qui les entourent de dépasser le conformisme moderne et de communiquer avec l’autre. «C’est l’une des choses que je veux faire : humaniser les femmes et leurs défauts, et ne pas les juger plus ou moins durement que les hommes.» (Louis Seiller, Libération)

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Entre sourires et désillusions

Rumena Bužarovska, qui nous avait déjà fait rire avec Mon cher mari (2022) sur les travers de l’homme balkanique et très certainement des hommes en général revient vers nous avec Je ne bouge pas d’ici, sept nouvelles toujours empreintes d’humour mais aussi de sensibilité et de tendresse sur le thème de l’exil, dont on connaît l’ampleur actuelle dans les Balkans. (Pierre Glachant, Le courrier des Balkans, 27 avril 2025)

https://www.courrierdesbalkans.fr/Blog-o-Macedoine-du-Nord-l-exil-entre-sourires-et-desillusions

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L’ART DE LA CHUTE

« Dramaturgie au cordeau, cruauté des détails corporels et vestimentaires, retournements de situation, art de la chute. On se dit qu’il y aura bien un répit pour ces gens qui ne parlent plus leur langue, qu’un peu de repos leur sera accordé. Mais rien ne se passe comme prévu. La réalité disjoncte, les coups durs s’accumulent, l’espoir ne dure jamais longtemps. Des vies modestement maudites ? Une pagaille de choix parfaitement erronés ? Il semblerait. Mais l’humour rattrape les situations, grotesques, désespérées ou avilissantes. L’écriture ironique de Bužarovska ne sombre pas dans le nihilisme. Oui, il y a une chance à l’horizon.

Jean-Philippe Rossignol (Le Monde diplomatique, mai 2025)

https://www.monde-diplomatique.fr/2025/05/ROSSIGNOL/68378

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Thierry Guinhut a lu Rumena Bužarovska :

Rumena Bužarovska trempe sa plume enlevée autant dans la tendresse que dans l’ironie acide, soit au service de la satire.

C’est à un jeu de massacre tour à tour hilarant et amer que se livre l’écrivaine macédonienne Rumena Bužarovska. Son titre, Mon cher mari, est à lire par antiphrase, tant l’ironie est à fleur de récit.

Très vite, l’admiration, la passion se sont fanées. Là où la vie conjugale n’est pas semée de roses, mais d’épines, ils sont tous plus ou moins ridicules, comme le « poète », vaniteux bien entendu, menteurs, alcooliques, brutaux, usant sans vergogne de « l’adultère ». Sans oublier « le gynécologue qui peint des chattes », et dont la prétention artistique agace Madame. Elles sont parfois poètes, peintres, en dépit des vexations subies. Le sens de l’observation, l’écriture piquante et enlevée assurent le lecteur d’un plaisir immédiat et durable. Ainsi le temps du romantisme a irrémédiablement laissé place à un réalisme cruel.

Cependant, moins qu’un recueil de nouvelles, il s’agit d’une fresque de société aux onze facettes. Et ne croyez pas qu’il ne s’agisse que d’un brûlot féministe : ces dames, bien que narratrices, subissent en creux les égratignures de la satire. Elles ne sont guère parfaites en effet, tant l’une brandit « la pelle au-dessus de [sa] tête » pour commettre l’irréparable à l’encontre d’un type abject, tant l’autre est aussi « méchante » que son fils, en vertu des « gènes » ; la dernière se couvre d’un symbolique « vomi » avec son amant de passage en pensant : « Boban, mon mari bien-aimé, l’amour de ma vie ». Mesquineries, bêtise et lâchetés tout aussi bien venues des deux parties du couple écorchent le mythe amoureux, sans céder à un féminisme béat ou militant. L’un des moindres mérites d’un tel ouvrage n’est pas le sens de la chute, surprenante, cinglante, humoristique, permettant une efficacité redoutable. Et il ne faut pas omettre la verve de la traductrice, Maria Bejanovska.

Cette dernière récidive avec un autre recueil, paraphrasant en quelque sorte le titre : Je ne bouge pas d’ici, de la même Rumena Bužarovska. En fait, l’on peut considérer qu’elle ne bouge pas du genre de la nouvelle, et qu’elle ne bouge pas de son identité originelle, même si nombre de ces récits envisagent avec plus ou moins d’amertume l’exil. L’on s’expatrie dans les Balkans, en Grande-Bretagne, voire jusqu’aux Etats-Unis. L’on devine que les désillusions seront légion. Volontaire ou contraint, cet exil oscille entre l’émerveillement de l’ailleurs et la déception féroce, entre solitude et mélancolie. Aussi l’on rit au cours de ces pages, l’on médite un peu chagrin, à moins que l’on cède au tragique.

Un « vase » est le prétexte d’une tranche de vie douce-amère, lors de la visite du nouvel appartement de quelques amis, mais aussi face au rituel obligé du cadeau. L’occasion est trop belle pour dénoncer une vie précaire, un couple bancal, surtout lorsque, symboliquement, ce vase est brisé… Cette première nouvelle parmi sept donne le ton, alors que la dernière, impressionnante, intitulée « Le 8 mars – l’accordéon », balaie la vie sociale de la Macédoine du nord dans un concert sardonique. Le « lourd accordéon » de Vesna, « persuadée de s’être surpassée » sur la scène, est le symbole de sa nervosité, de sa honte, qui s’exaspèrent en un vomi qui devient général…

Examinant les rapports humains, elle trempe sa plume enlevée autant dans la tendresse que dans l’ironie acide, soit au service de la satire. La raillerie, une fois de plus n’épargne pas les femmes. Jalousie, médiocrité, intolérance, alcool, violence sexuelle, confrontations sordides, rien n’est épargné à l’incapacité de construire un couple. Peut-être moins virulent, moins corrosif, que Mon cher mari, ce dernier recueil est néanmoins divertissant, quoiqu’un brin amer. La quête d’une vie meilleure est-elle condamnée à l’absurde de la destinée ?

https://www.thierry-guinhut-litteratures.com/…/derniere…

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Rumena Buzarovska sur France-Culture, le 15 mai 2025

L’ironie de l’exil

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Parmi les coups de cœur des bibliothécaires de la Ville de Paris dans la catégorie Fiction étrangère 2025 :

🇲🇰 Je ne bouge pas d’ici de Rumena Bužarovska, traduit par Maria Bejanovska pour Gallimard

🇧🇬 Le jardinier et la mort de Georgi Gospodinov, traduit par Marie Vrinat-Nikolov pour Gallimard

🇷🇸🇭🇷 La cour maudite d’Ivo Andrić, Nouvelle traduction du serbo-croate par Pascale Delpech pour les Éditions Noir sur Blanc.

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Proposition : LE FAUX GRAIN DE BEAUTE de Milorad PAVIC

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Proposition : LE MATRICULE UNIQUE de LIDIJA DIMKOVSKA

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ISKRA, roman de Vidosav Stevanović (Editions Flora, 2024)

sorti le 23 avril 2024

L’homme est un loup pour l’homme.

Iskra est sans doute le roman le plus fort de Vidosav Stevanović. L’histoire débute comme un conte mais, très rapidement, se transforme en cauchemar. L’absurdité de la guerre en Bosnie, et de toute guerre en général, y est relatée d’une façon à la fois simple et brillante, sans parti pris, sans commentaires, rien que par les faits. C’est aussi la démonstration implacable que l’homme est un loup pour l’homme.

Vidosav Stevanović raconte le destin d’une jeune femme de Bosnie — Iskra — que des paramilitaires ont enlevée, puis enfermée dans un moulin abandonné et violée. Hésitant entre l’envie de se suicider et celle de s’enfuir, Iskra constate qu’elle est tombée enceinte et elle décide de vivre. Un paramilitaire l’aide à s’enfuir de sa prison et, pendant des mois, elle se cache dans une grotte de la montagne jusqu’à son accouchement. Puis elle descend, son enfant dans les bras, vers les villages de l’autre côté de la montagne. Sa terrible aventure se poursuivra dans les bourgades conquises successivement par des armées différentes.

Vidosav Stevanović est né en 1942 près de Kragujevac en Serbie. Il est l’auteur d’une quarantaine d’œuvres : romans, pièces de théâtre, récits, ainsi que de nombreux essais et critiques littéraires. Il a obtenu les plus grands prix littéraires yougoslaves. Il a dirigé de grandes maisons d’édition à Belgrade, mais ses prises de position antinationalistes et son opposition au régime de Milosevic lui ont interdit toute activité autre que l’écriture et l’ont contraint finalement à s’expatrier. Après un long séjour en France, où il a obtenu la nationalité française et la distinction de Chevalier des Arts et des Lettres, Vidosav Stevanović est retourné dans son pays natal.

Extraits-des- critiques- sur- V.Stevanovic

ouvrages traduits-en-francais  

Disponible sur : https://www.amazon.fr/dp/B0CXFH2B3J

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PRESSE

UNE FORCE INDICIBLE

« La force de ce court roman, qui se refuse à se complaire dans l’horreur et s’autorise quelques échappées poétiques, est tout simplement indicible. » (* * * * )

« Iskra, de l’auteur serbe Vidosav Stevanović, a été publié initialement en 2005, et sa traduction française vient de paraître aux éditions Flora, signée de Maria Béjanovska. Iskra, c’est l’histoire d’une jeune femme durant la guerre en Bosnie, qui a vu les siens mourir et qui n’a échappé au massacre que pour être violée et enfermée. Un récit très sombre, de l’ordre du cauchemar, mais que l’auteur ne rend jamais insupportable, au plus près de son héroïne et de sa volonté de survivre, depuis qu’elle est devenue mère. Si Iskra était un film, ce pourrait être une sorte de road-movie post-apocalyptique, dans un monde dévasté où la peur et la méfiance sont permanentes, où chaque rencontre recèle un danger potentiel. Bien qu’il soit écrit à la troisième personne, le livre semble l’être à la première, tellement il nous imprègne des pensées de son personnage principal qui symbolise à elle seule les femmes victimes de la guerre en ex-Yougoslavie et, bien plus largement, de tous les conflits qui n’ont cessé d’ensanglanter la planète. La force de ce court roman, qui se refuse à se complaire dans l’horreur et s’autorise quelques échappées poétiques, est tout simplement indicible. S’il ne devait rester qu’une seule image, ce serait celle de la cohabitation de la jeune maman et de son bébé avec un Quasimodo sourd-muet, dont la vraie nature reste un moment incertaine, dans un moulin abandonné et isolé. »

https://cinephile-m-etait-conte.blog4ever.com/victime-de-l-horreur-iskra

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UN RECIT SOMBRE ET TRES VIVANT

« Dans plusieurs langues slaves Iskra signifie étincelle mais ce n’est dans ce livre que le nom du personnage principal .Son trajet au fil des pages n’a rien d’étincelant tant le récit s’avére sombre : Iskra a été violée puis secourue par un militaire qui l’a envoyée l’attendre dans une grotte de montagne . Elle l’attendra longtemps accouchera de son petit et par hasard découvrira son sauveur mort . Il y a certainement eu de semblales histoires durant la guerre en Ex-Yougoslavie . Ce récit m’a fait mal en raison de la perte d’un être cher que j’ai eu durant cette guerre et cela m’a gâché le plaisir de la lecture .

le récit est très vivant , et l’héroïne avec son fils traverse les événements avec beaucoup de calme apparent bien que certaines situations soient potentiellement dangereuses voire cauchemardesques . le roman se termine en nous laissant sur notre fin concernant ce qu’il peut advenir d’Iskra et de son fils mais je viens d’apprendre que la suite de l’histoire existe dans un autre livre ( La toile d’araignée) , du même auteur , montrant à voir ce qu’on pu devenir les femmes violées , leurs enfants ainsi que la vie des violeurs . Je n’ai pas lu ce tome là et le déplore car si je ne m’attend pas à ce que justice soit faite , c’est comment fait-on pour vivre tranquille aprés avoir commis tant d’horreur qui m’intéresse . Lionel Duroy en a dit quelques mots dans  » l’Hiver des Hommes  » mais cela touchait plus les enfants des bourreaux que les bourreaux eux-même . » (Hardiviller, Babelio, * * * *)

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https://serbica.u-bordeaux-montaigne.fr/index.php?view=article&id=1363:parution-vidosav-stevanovic-iskra

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Note 8 sur 10 pour ISKRA !

https://www.senscritique.com/livre/iskra/87986823

https://www.senscritique.com/livre/iskra/critique/304917821

* * *

« La violence de la guerre est sourde, abrupte, aussi bien transposée dans l’histoire terrible d’Iskra, que par les mots de Vidosav Stevanović, qui a su évoquer le pire, l’atroce, l’indicible presque, et toujours dans la retenue. »

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MES TRADUCTIONS PUBLIEES EN 2024

LE DICTIONNAIRE KHAZAR de Milorad Pavić (Ed. Flora)

LA GRAINE NOIRE de Taško Georgievski (Ed. Cambourakis)

LA CHAIR SAUVAGE de Goran Stefanovski (Ed. Flora)

BONAVIA de Dragan Velikić (Ed. Agullo)

ISKRA de Vidosav Stevanović (Editions Flora)

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LA CHAIR SAUVAGE, pièce de Goran Stefanovski (Editions Flora, 2024)

C’est la pièce culte de Goran Stefanovski.

Plus de quarante ans après sa première création cette pièce est toujours jouée sur les scènes en Macédoine et à l’étranger.

Elle est d’une actualité brûlante.

« …L’idée de la chair sauvage vient d’une croyance populaire macédonienne selon laquelle : quand on avale un poil et qu’il se plante dans la gorge, autour de la racine de ce poil il repousse une chair qui n’est pas humaine, donc – sauvage, et elle pousse jusqu’à ce qu’elle étouffe celui qui a avalé le poil. À travers cette notion, qui n’est employée dans mon texte que comme symbole, j’ai essayé, en fait, de décrire une situation et le problème que tout être humain rencontre sur le chemin de sa réalisation individuelle en tant que personne libre ». (Goran Stefanovski).

Disponible sur : https://www.amazon.fr/dp/B0CXTRDQWF

La chair sauvage raconte le destin tragique de la famille Andreevic (Dimitrija, Marija et leur trois fils : Simon, Stefan et Andreja). L’action se passe en 1939 à Skopje, en Yougoslavie. Dimitrija est un ancien maçon condamné à passer la fin de ses jours dans un fauteuil roulant. Le fils cadet, Andreja, commis-épicier, est membre actif d’une organisation ouvrière ; l’ainé, Simon, travaille comme serveur dans une auberge, il en souffre et ne dessaoule pas car sa femme ne peut lui donner un enfant – un fils ; le troisième fils Stefan est un employé respecté de la filiale d’une Société allemande, dont le gérant est un Juif. Sarah, la fille de ce dernier est très attirante, et Stefan se sent intimidé en sa présence.

C’est alors qu’arrive un certain Klaus, en visite « officielle ». Pour Stefan c’est la meilleure occasion de quitter les « valeurs balkaniques » et d’obtenir « un billet pour l’Europe ». Mais qui est vraiment ce Klaus et pourquoi est-il venu à Skopje à la veille de la guerre ? L’Europe dont rêve Stefan apparaît rapidement comme un fantôme inquiétant, une menace pour tout ce qui est vivant.

Andreja – Ils passent à côté de nous, cachés derrière leurs vitres fumées, et ils nous regardent
comme si nous étions des mouches tombées dans le yaourt. Ils sont pressés d’arriver quelque part.
Après le petit déjeuner ils vont déjeuner. Et ils repassent. Ils passent pendant des siècles. Ils nous
tiennent dans la peur par des phrases, par des mystères et des dogmes. Ils nous tiennent dans la
peur de nous prendre notre pain, de détruire notre maison, de nous casser la gueule. Et nous nous
écartons de leur chemin en les saluant. Et tant que nous aurons peur, ils nous piétineront. La liberté
viendra quand nous vaincrons la peur. La liberté, c’est quand on renversera dans la rue toutes les
malles moisies des greniers, tous les matelas de coton humide, quand on détruira tous les cafards,
tous les rats et moustiques à la malaria; quand toutes les maisons seront repeintes en blanc, les
fenêtres ouvertes, tous les vêtements seront bouillis et lavés dans l’eau de source et séchés au soleil
du printemps. La liberté!

Dimitrija – Quelle foutaise, votre jeunesse ! Vous détruisez tout. Vous ne reconnaissez ni Dieu ni Diable. Aucun ordre, ni dans vos têtes ni dans vos corps. Vous faites tout comme ça vous chante, sous le souffle du premier vent, comme des mouches sans tête. Vous pensez que tout ce qui vole se mange. L’Europe vous demande ! Elle se fout pas mal de vous l’Europe. Vous soupirez pour l’Allemagne ! Et votre père qui a perdu ses jambes pour vous construire une maison, n’est qu’un débris qui ne sait pas combien font deux et deux et qui empêche les Européens de faire carrière. Vous ne savez pas vous défendre. Vous vivez à crédit. Vous périrez dans des trous, vous serez mangés par des toiles d’araignée, votre nom sera effacé, vos racines seront arrachées, pas une trace ne restera de vous. Je n’ai pas assez de larmes pour vous pleurer.

Goran Stefanovski (1952-2018) est le dramaturge le plus renommé du théâtre macédonien contemporain et un auteur de stature européenne. Il a écrit de nombreuses pièces, scénarios, spectacles multimédias, séries télévisées, drames radiophoniques, essais …Ses œuvres sont traduites en dix-sept langues dont en français. Le Démon de Debar maalo (2010), Černodrinski revient à la maison (2013) et Hôtel Europa (2005) ont été publiés par L’Espace d’un Instant puis créés à Paris et au Festival d’Avignon. La chair sauvage, la pièce culte de Goran Stefanovski, a été lue en 2019 à Paris dans le cadre de « l’Europe des théâtres » et, en 2006, au Festival « Regards croisés » à Grenoble. Ses œuvres ont fait l’objet de productions internationales en Europe et en Amérique du Nord. Ses essais ont été réunis et publiés sous le titre Eloge du contraire (Ed. L’Espace d’un instant, 2022).

Il est lauréat du Prix international Vilenica et du Prix Sterijino pozorje.

Plus d’informations sur : https://en.wikipedia.org/wiki/Goran_Stefanovski

A Paris

A Skopje avec Stoppard.

A Prague

https://www.courrierdesbalkans.fr/dramaturgies-des-balkans-la-chair-sauvage

https://www.facebook.com/events/le-100-ecs/hommage-%C3%A0-goran-stefanosvski/2272549076326449

Disponible sur : https://www.amazon.fr/dp/B0CXTRDQWF

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Les ouvrages de Goran Stefanovski publiés en français (Ed. L’Espace d’un Instant):

PRESSE

LES PERSONNAGES SI TOUCHANTS QU’ON SE LES REPRESENTE AUSSITOT !

« Habituellement je lis peu de théâtre, et lire une pièce me donne avant tout l’envie de la voir jouée sur scène, incarnée, vivante.
Toutefois, dans « La chair sauvage » les personnages sont si touchants qu’on se les représente aussitôt, très fort : le père, ronchon et pessimiste dans son fauteuil d’invalide ou le fils aîné, alcoolique et désabusé ; et puis le cadet, tragiquement victime de sa naïveté et de son désir d’ascension sociale, prêt à toutes les compromissions pour réussir.
Le benjamin, Andreja, a été mon préféré avec son idéalisme ardent et poétique : « La liberté, c’est quand on renversera dans la rue toutes les malles moisies des greniers, tous les matelas de coton humide, quand on détruira tous les cafards, tous les rats et moustiques ; quand toutes les maisons seront repeintes en blanc, les fenêtres ouvertes, tous les vêtements seront bouillis et lavés dans l’eau de source et séchés au soleil du printemps. » (Isacom, Babelio, * * * * , avril 2024)

* * *

Dimitrija – Veux-tu boire un raki ?
Le pope – On ne demande qu’au malade.
Dimitrija verse du raki.
Simon – Un verre par-ci, un verre par-là, c’est gai pour toi, hein pope ? Tu vois Dieu tout le temps.

« Règne sur ses scènes comme une atmosphère de fin du monde qui se profile, les images apocalyptiques ne manquent pas…
La chaire sauvage est le genre d’œuvre qu’il faut relire plusieurs fois pour pouvoir décrypter, c’est très riche, assez drôle même si le rire de Simon est plutôt jaune et qu’il est davantage la marque de son désespoir et de sa foi perdue, criant de vérité et très effrayant, car il révèle le malheur qui se prépare… « 
Lire l’article entier :
https://tempsdelectureblog.wordpress.com/2024/05/06/la-chair-sauvage/#more-33881
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UN TEXTE QUI TRAVERSE LE TEMPS SANS ENCOMBRE !

« LA CHAIR SAUVAGE est de ces textes qui traversent le temps sans encombre, qui peut être resservi devant n’importe quel conflit d’envergure, comme modèle.

La chair sauvage » est une réflexion sur les anonymes à la veille d’un conflit majeur. Elle marque par ses dialogues intimistes, nous invitant ainsi à nous immiscer au cœur des scènes vécues par ses protagonistes. La forme est simple alors que le fond est politiquement bouillant. » (Warren Bismuth)

Lire l’article : https://deslivresrances.blogspot.com/2024/05/goran-stefanovski-la-chair-sauvage.html?m=1

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MES TRADUCTIONS PUBLIEES EN 2023

LE CAHIER VOLE A VINKOVCI de Dragan Velikić (Livre de poche)

LE CHEVAL ROUGE de Taško Georgievski (Cambourakis, poche)

ELOGE DU CONTRAIRE de Goran Stefanovski (L’Espace d’un instant)

LA PEUR DES BARBARES de Petar Andonovski (Editions Flora)

CONTES FANTASTIQUES DE MACEDOINE (Editions Flora)

LE DICTIONNAIRE KHAZAR de Milorad Pavić – version interactive (Editions Flora)

Editions Flora : https://www.facebook.com/profile.php?id=61552923017290

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BONAVIA, roman de Dragan VELIKIĆ (Editions AGULLO, 2024)

Publié le 22 février 2024

L’amour, le chagrin, les générations et les nations, une famille et l’agonie de la guerre yougoslave en arrière-plan. L’un des grands romans européens de ces dernières années.

A travers les destins entrecroisés de ses personnages, Bonavia explore, nous référant aux grands narrateurs européens du XXe siècle comme Proust, Broch, Musil, Joyce ou Kis, les conséquences humaines de l’effondrement et de la dissolution d’un pays. (Impedimenta, éditeur espagnol de Bonavia)

Traduit du serbe par Maria Bejanovska

Dragan Velikić, le narrateur serbe le plus important du moment, nous présente les vies entrelacées de personnages qui tentent de se remettre des ravages de la guerre yougoslave et de sa dissolution. Miljan, un restaurateur qui a fui son Belgrade natal pour s’installer à Vienne, abandonnant son fils nouveau-né, s’occupe désormais de son petit-fils Sinisa. Marija, une philologue qui a peur de la solitude, rencontre Marko, un romancier frustré qui rédige un « guide pour éviter les désagréments » devant le consulat hongrois. Accomplissant une prophétie lancée par une diseuse de bonne aventure le soir de sa remise des diplômes, Kristina traverse « la grande eau » pour repartir à zéro à Boston. 

Bonavia, c’est l’histoire d’un voyage qui en est plusieurs, d’une évasion qui nous mène là où nous sommes partis et de ce qu’une génération laisse involontairement à son successeur. Un labyrinthe qui nous montre que, même si nous essayons de l’effacer, le passé revient toujours.

BONAVIA est le troisième roman de Dragan Velikić publié en France. Il est traduit en treize langues : allemand, italien, français, espagnol, hongrois, croate, macédonien, slovène, albanais, grec, slovaque, bulgare, polonais..

extrait

Non, je ne suis pas un séducteur. Au contraire, j’ai peur des
femmes. Je suis timide. Sincèrement, je suis très timide. Il me
serait plus facile de me raconter à la troisième personne. C’est
plus officiel et plus crédible, mais moins intrigant. S’il n’y a
pas de «je», la scène s’éloigne, quelque part là-bas quelqu’un
a vécu quelque chose. Quand on emploie la première personne,
on l’entend respirer. C’est parfois pathétique, mais sincère.
Sans masque. Entre quatre yeux. Quand ça devient désagréable,

il est facile de se glisser dans la troisième personne.
Là, il n’y a pas de honte ni de scrupules, on respire facilement,
la limite de la conscience est si loin qu’on ne la prend pas en
compte.
Je n’ai pas de coordonnées, libre des chaînes de la famille,
du voisinage, des ancêtres, de la nation, d’un parti politique,

de l’État. Je suis l’espace. Je choisis même ce qui m’a
été donné à la naissance : nom, nation, ville de naissance. Et
les ancêtres, s’ils sont indispensables. Partout où je me pose, je
suis chez moi. Je me souviens même de ce qui n’a pas eu lieu.
Ça c’est un plaisir, une joie pure, la plénitude de la vie. Une
réalité créée par le souvenir, et qui s’installe. Ce ne sont pas
des fabrications, car les fabrications sont privées de souvenirs.
Ce dont je me souviens, ça a existé, ou aurait pu exister. En
fait, c’est la même chose, du moment que le souvenir existe
.

Et un large extrait sur le site de l’éditeur : https://agullo-editions.com/wp-content/uploads/2024/02/Bonavia-extrait.pdf

PRESSE

Un livre très profond

C’est dans une écriture très fine, poétique que l’auteur nous amène avec eux dans leurs déchirements , leurs questionnements, leurs doutes dans leurs pensées les plus profondes, dans leurs reconstructions et leurs choix de vie loin de la mère patrie… Un livre très profond que je ne peux que conseiller. (Jacklee, Babelio) Note: 4 sur 5 étoiles.

* * *

LE MONDE DES LIVRES (le 7mars 2024 – Florence Noiville)

« L’écrivain serbe entremêle avec brio des vies à reconstruire dans l’après-guerre. »

* * *

LE FIGARO, le 14 mars 2024 (Christian Authier)

Un roman virtuose et superbement écrit !

Screenshot

* * *

A NOUVEAU UN GRAND ROMAN D’UN GRAND AUTEUR CONTEMPORAIN SERBE !

C’est le troisième livre de l’auteur serbe Dragan Velikic, que je viens de lire .

À nouveau un grand roman d’un grand auteur contemporain serbe dont la recherche d’identité passe également par sa propre histoire qui fera son apparition à la fin du roman, étant lui-même également protagoniste du même sort que ses personnages , et d’où découle le titre du livre. Poignant !

« La vie n’existe pas sans la poésie.

Cimetières retournés.

Pleurs sur une tombe.

L’œuvre est la seule mémoire.

Le dessin d’un bison dans la grotte d’Altamira.

Un puits au milieu du désert.

Murmure des civilisations disparues.

Sans la trace de la beauté, tout est vide et dénué de sens. »

« Les hôtels sont aussi des vies non réalisées. »

(Boukycooky, Babelio, mars 2024)

la suite sur: https://www.babelio.com/livres/Velikic-Bonavia/1594702#!

* * *

A la librairie Virevolte :

  • * * *

TOURNEE BALKANIQUE EN FRANCE

A MONTPELLIER LE 19 NOVEMBRE !

A BORDEAUX LE 20 NOVEMBRE

à la Librairie Olympique

A PARIS LE 21 NOVEMBRE 2024!

A LA LIBRAIRIE LES CHAMPS MAGNETIQUES

Magnifique soirée à la librairie Les Champs magnétiques à Paris le 21 novembre 2024

A MULHOUSE LE 24 NOVEMBRE 2024

🎙 « Un palimpseste des frontières : regards sur les Balkans » avec Florence Hartmann, Jurica Pavicic et Dragan Velikic

  • ** *

BONAVIA de Dragan Velikic parmi les Huit romans incontournables de l’hiver 2024 !

Bonavia fait fortement penser à Milan Kundera.

Bonavia vaut mille fois le détour,

«Bonavia», champs de ruines

«Comment lui expliquer qu’elle-même s’est trompée, mariée à un employé fatigué qui n’est jamais à la maison. Tous les week-ends, avec les enfants chez ses parents à Fruška Gora. Le sexe, une fois par mois. Sourire à l’intérieur, désespoir à l’extérieur.»

C’est dans la file d’attente d’un consulat que Marko, auteur souhaitant obtenir un visa d’expatriation, rencontre Marija, qui est là pour la même raison: elle veut quitter Belgrade. Quand il était bébé, Marko fut abandonné par Miljan, son père, désireux de quitter sa Yougoslavie natale, la guerre et ses fantômes. Et puis il y a aussi Kristina, amie de jeunesse de Marija, pour qui l’avenir, pense-t-elle en tout cas, est à Boston.

De part en part, Bonavia fait fortement penser à Milan Kundera, dont la plume puissante, parfois difficile à suivre, décodait à merveille les rapports entre les êtres humains –et le lien que chacun entretient vis-à-vis des territoires qui l’ont vu grandir ou qu’il a été contraint de fuir. Souvent rugueux, le roman du Serbe Dragan Velikić vaut mille fois le détour, montrant des humains qui tentent de se construire ou de trouver leur place alors qu’ils ne sont faits que de ruines.

Le style Velikić est intense, mais cette intensité est idéalement dosée: même quand ses personnages sont en stagnation, Bonavia donne l’impression d’aller à mille à l’heure, tant leur monologue intérieur est riche, incessant, accidenté. L’écrivain, qui fut ambassadeur de Serbie durant cinq ans, offre une réflexion qui sent le vécu, se demandant notamment comment conserver l’attachement à sa terre d’origine lorsqu’on a fait le choix de la fuir. La réponse est complexe et stimulante. (Thomas Messias)

https://www.slate.fr/…/livres-hiver-2024-perdre-haleine…

xr:d:DAF6xlvZdQk:26,j:680464460066147360,t:24030710

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NOUVELLE EDITION DU DICTIONNAIRE KHAZAR de Milorad PAVIĆ (Editions Flora, 2024)

« C’est le livre le plus étrange du monde 

le premier livre du XXIe siècle 

un époustouflant coup de génie ».

Milorad Pavić nous entraîne, à travers les histoires sur les chasseurs de rêves, le diable iconographe Sevast Nikon, les maçons de la musique, la princesse Ateh… sur les traces des Khazars, ce peuple mystérieux, qui ont vécu à l’embouchure de la Volga sur la mer Caspienne. Leur royaume fut anéanti par les Russes vers l’an 965 de notre ère. Mais ils sont passés à la postérité par un événement extraordinaire : le renoncement collectif à leur antique religion et leur conversion à une des trois grandes religions du Livre. La légende rapporte que le roi des Khazars mit les trois croyances en compétition lors d’une audience ouverte à leurs représentants respectifs : un rabbin, un moine et un derviche. La légende ne dit pas qui l’a emporté. Ce qui est certain, c’est que le peuple khazar disparut de l’Histoire peu après sa conversion.

EDITIONS FLORA : https://www.facebook.com/profile.php?id=61552923017290

Traduit du serbe par Maria Bejanovska

Le livre broché est disponible sur :https://www.amazon.fr/dp/B0CRYYWR4X

Sa version numérique interactive est disponible sur : https://www.amazon.fr/dp/B0CNVHPQMD

Le Dictionnaire Khazar provoqua à sa parution un véritable coup de tonnerre: depuis les grandes fantaisies ésotériques de la Renaissance, rien de semblable n’avait paru, et il est peu d’écrivains, à l’exemple d’Ismaïl Kadare ou d’Italo Calvino, pour conjuguer ainsi l’imaginaire, l’absurde et la réalité. Milorad Pavić entraîne son lecteur à la découverte des chasseurs de rêves, du diable iconographe Sevast Nikon, des maçons de la musique qui taillaient d’énormes blocs de sels sur lesquels jouaient les vents, de la princesse Ateh qui se réveillait chaque matin avec un visage nouveau… et ce n’est pas le moindre mérite de ce livre que le lecteur finira toujours par se demander si ces êtres, ces événements extraordinaires ont ou non existé.

A l’instar du Necronomicon de Lovecraft, Le Dictionnaire Khazar devient l’un de ces livres dont on ne sait plus s’ils sont réels ou imaginaires…

« Le nom de Tolkien vient à l’esprit, à condition de lui ajouter la Kabbale et les Mille et une nuits. » Pierre Assouline, Lire.
« On sort des livres de Pavić avec la gueule de bois, mais ce bois est d’une essence rare. » Jean Palesti, Libération.
« Un monstre qui tient de la blague byzantine, du roman d’aventure et du poème mystique : un déchaînement d’érudition rigolarde à la Borges (…) Ce n’est pas tout à fait fréquent de rencontrer un livre qui ne propose rien moins que de recréer le monde. » Evelyne Pieillier, Le Magazine littéraire.

Milorad Pavić (1929-2009) est romancier, mais aussi poète, dramaturge et historien de la littérature serbe, expert en baroque et en symbolisme, traducteur de Pouchkine et Byron, ancien doyen de la Faculté de philosophie de Novi Sad, professeur d’université et académicien. Ses œuvres ont été traduites dans la plupart des langues du monde. Pavić a acquis une renommée internationale avec le roman Le Dictionnaire khazar (Hazarski rečnik), publié en 1984. Il est traduit en plus de 40 langues. https://www.khazars.com/index.php/sr-yu/dela/prevodi.html

Plus de 200 éditions posthumes depuis 2009: https://www.khazars.com/…/sr/dela/posthumna-izdanja.html

Le livre broché est disponible sur :https://www.amazon.fr/dp/B0CRYYWR4X

La fonction poétique de l’héritage mythique slave dans le roman de Milorad Pavić Le Dictionnaire Khazar

Par Sanja Bosković

https://etudesslaves.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=1083

« Puisque dans les rêves et dans l’inconscient s’exprime la fascination devant l’existence, ils reflètent l’aspect magique de la réalité. Cette magie, qui se transmet entre les objets du monde concret et est ensuite reproduite dans les images du rêve permet, à l’écrivain de créer son univers fantastique, un univers où il n’y a pas de différence entre les morts et les vivants, entre les époques, entre le passé et l’avenir, entre la matière vivante et la matière morte. Tout bouge et tout se transforme dans le monde khazar. »

***

L’auteur actuel de ce livre assure le lecteur qu’il ne sera pas condamné à mourir après l’avoir lu, comme ce fut le sort de ses prédécesseurs, en 1691, quand Le Dictionnaire Khazar en était encore à sa première édition et avait encore son premier auteur. À propos de cette première édition, il est nécessaire de donner quelques explications mais, afin de ne pas s’étendre inutilement, le lexicographe propose un contrat au lecteur : le lexicographe écrira ses observations avant le dîner, et le lecteur les lira après le repas. Ainsi la faim poussera le lexicographe à être bref et le lecteur, rassasié, lui, ne trouvera pas l’introduction trop longue. (extrait du Dictionnaire khazar)

***

Comédie-Française , le 12 décembre 2023

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Ce soir à 18h, notre sociétaire Serge Bagdassarian vous donne rendez-vous à la Coupole de la Salle Richelieu pour la lecture du Dictionnaire Khazar de Milorad Pavić.

👀 « Ce livre m’accompagne, et j’aime beaucoup l’offrir aux personnes qui comptent pour moi. J’aime entendre ce qu’elles m’en disent, car cela dépend de la façon dont, littéralement, elles l’ont abordé. » Serge Bagdassarian

***

Avis des lecteurs
 
Anatemnein, Babelio * * * *

« Que vous puissiez tenir ce livre entre vos mains tient presque du miracle. D’où vient-il ? Pourquoi a-t-il été écrit ? Ça n’est qu’en le lisant que vous trouverez des indices qui vous permettront de répondre à ces questions et comprendre peut-être un peu mieux le mystérieux peuple khazar.

Car ce livre est une énigme. Il vient du fond des âges. On dit qu’il a été dicté par des perroquets, qu’il est passé entre les mains de cent mages et autant d’érudits, qu’il a des dizaines d’auteurs et change même parfois de sexe.

Mais oubliez vos préjugés et plongez dans la lecture merveilleusement poétique de cet inventaire de légendes, dans ce labyrinthe duquel on n’aurait jamais envie de sortir.

mdhennin, Babelio * * * * *

Le dictionnaire khazar n’est pas un livre, il est pluriel, multiple, voire infini. Il s’agit tout d’abord d’un dictionnaire qui peut se lire comme un roman (de A à Z), autant qu’un roman qui peut se lire comme un dictionnaire (en suivant le fil des articles qui intéressent le lecteur). Véritable roman hypertexte écrit avant l’ère internet, le thème central en est la conversion au judaïsme du peuple Khazar (peuple situé entre la Mer Caspienne et la Mer Noire) au IXème siècle. Mais l’auteur s’amuse dans un style particulièrement inventif et drôle à mélanger savoureusement histoire authentique et légendes. On croisera ainsi des histoires de vampires, des biographies de Saints chrétiens, des chasseurs de rêves, des philosophes musulmans, des légendes cabalistiques…

GeneralPino, Babelio * * * * *

Dommage qu’il n’y ait pas une sixième étoile !

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Charybde2 * * * * *

Un roman-univers abyssal au carrefour des religions et des rêves.

http://charybde2.wordpress.com/2015/10/11/note-de-lecture-le-dictionnaire-khazar-milorad-pavic/

Lien : http://charybde2.wordpress.c..

D’anecdote anodine ou sulfureuse en indice discret sur le contenu exact de la polémique, de contradiction relevée en convergence insolite, de légende significative en conte éclairant, la lectrice ou le lecteur sera peut-être amené à élucider ce qui a toutes les allures d’un drame policier, historique, théologique et métaphysique. Comme le vase khazar de la notule concernée, l’usage du texte survivra à une éventuelle élucidation, qui n’arrivera ainsi peut-être pas. Le pouvoir de la littérature et de l’invention romanesque, de la relecture assidue des mythologies et des théologies, de l’introduction malicieuse du démon de la farce dans les gloses les plus savantes et les plus sûres d’elles-mêmes, aura, lui, été affirmé, et avec une rare saveur. Et c’est ainsi que naît un chef d’œuvre.

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Les Archives de Donjon&Cie : https://www.donjonetcie.com/2020/04/le-dictionnaire-khazar.html

« le Dictionnaire Khazar ne ressemble à aucun autre roman que j’ai lu, mais il parlera à ceux qui apprécient la réalité fictionnelle de Borges, les obsessions mystiques et religieuses d’Eco et la logique poétique de Calvino. Je sais que je lirais de nouveau ce livre un jour, il est à ce point excellent. »

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Entrez dans l’univers fascinant du « Dictionnaire Khazar » de Milorad Pavić, un chef-d’œuvre littéraire qui continue de vibrer en vous bien après la dernière page tournée.

« Le Dictionnaire Khazar » est un voyage littéraire unique, un livre composite et énigmatique qui vous entraîne dans une quête à travers le temps et l’espace. Ce podcast vous guidera à travers ce labyrinthe littéraire, où chaque lecture est une nouvelle découverte. Préparez-vous à être transporté dans un univers où réalité et fiction se confondent, et où chaque page révèle un nouveau mystère.

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47 726 vues 23 déc. 2015

émission radiophonique de Joelle Verain du 23 novembre 2015 avec: Hugues Robert, libraire à la librairie Charybde à Paris http://www.charybde.fr/ autour de la réédition du roman de l’écrivain serbe Milorad Pavić publié en 1984 et traduit en français en 1988.  » Le Dictionnaire khazar  » Le Dictionnaire Khazar relate, sous forme de dictionnaire et du point de vue successif d’un rabbin, d’un derviche et d’un prêtre, l’histoire et la dispersion du peuple khazar, peuple nomade et guerrier fixé au VIIe siècle entre la mer Noire et la mer Caspienne, fameux pour ses chasseurs de rêves. Les Khazars disparurent après que leur « Khagan » eut promis d’épouser la religion du sage qui aurait le mieux interprété l’un de ses rêves.

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Le Dictionnaire khazar de Milorad Pavić mêle fiction et réalité historique pour inscrire les modèles de la traduction et du plurilinguisme en amont et en aval de l’œuvre, invalidant ainsi la possibilité même d’un texte original unique. Cette poétique d’une œuvre plurielle et toujours en mouvement, se présentant comme « copie sans original » et « traduction sans texte premier », s’accompagne de la mise en scène d’une langue imaginaire qui poursuit la mise en crise de la traditionnelle valorisation culturelle de la langue originale.

https://journals.openedition.org/trans/1640

Mathias Verger (Maître de conférences en littérature comparée à l’Université Paris 8 – Saint-Denis. Ses recherches portent sur les imaginaires linguistiques et leurs rapports avec la littérature.

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« Ce livre extraordinaire est un dictionnaire qui peut se lire autant comme un roman (de A à Z), que comme un dictionnaire (en suivant le fil des entrées qui intéressent le lecteur). Véritable roman hypertexte écrit avant l’ère internet, le thème central en est la conversion au judaïsme du peuple Khazar. Mais l’auteur s’amuse dans un style particulièrement inventif et drôle à mélanger savoureusement histoire authentique et légendes. On croisera ainsi des histoires de vampires, des biographies de Saints chrétiens, des chasseurs de rêves, des philosophes musulmans, des légendes cabalistiques… » (Maria Bezanovska)

S’il raconte une histoire vieille de plus de mille ans, Le Dictionnaire Khazar est le premier roman du XXIe siècle. Il représente l’entrée de la littérature serbo-croate dans le postmodernisme.

S’il respecte l’ordre alphabétique, Le Dictionnaire Khazar peut aussi se lire à l’envers, en diagonale, au hasard ou en partant du milieu dans n’importe quelle direction. S’il relate la conversion des Khazars au IXe siècle (au judaïsme, au christianisme, à l’islam), Le Dictionnaire Khazar ne s’en tient pas là : la polémique rebondit au XVIIe siècle et resurgit en 1982. S’il se présente comme un lexique, Le Dictionnaire Khazar est un livre d’aventures, un roman policier, un recueil de nouvelles, un ouvrage cabalistique, un récit fantastique.

S’il s’adresse indifféremment aux bibliomanes, aux amateurs d’histoires de vampires, aux psychanalystes, aux joueurs, aux philosophes, aux historiens, aux collectionneurs de sulfures, aux philologues, aux rêveurs, Le Dictionnaire Khazar ravira surtout le lecteur heureux qui pourra le dévorer en utilisant l’œil droit comme fourchette, l’œil gauche comme couteau et en jetant les os par-dessus son épaule.

Depuis sa parution à Belgrade en 1984, Le Dictionnaire Khazar a été traduit en une trentaine de langues et a fait l’objet d’une publication en CD Rom (qui englobe les versions anglaise, serbe, turque, grecque ainsi qu’une version en hebreu). Il a été traduit en français par Maria Béjanovska.

À l’origine l’auteur avait écrit deux version du même livre : une version féminine et une version masculine. La seule différence entre les deux ne consiste qu’en un seul paragraphe d’une vingtaine de lignes page 219 de la première édition. La présente édition est l’édition « androgyne », comme l’explique Milorad Pavic dans sa nouvelle introduction. (Legimini, https://legimini.fr/Livres/Le-dictionnaire-khazar-de-Milorad-Pavic/83946)

Pourquoi je vais aimer ce livre ?

Cher futur lecteur,

Permettez-moi de vous parler du livre qui pourrait bien devenir l’un de vos préférés : « Le Dictionnaire Khazar » de Milorad Pavic. Ce livre est un chef-d’œuvre de l’imagination et de la narration, qui vous plongera dans un monde étrange et fascinant.

Tout d’abord, je dois vous dire que « Le Dictionnaire Khazar » n’est pas un dictionnaire traditionnel. C’est un livre qui se lit comme un roman, mais qui est construit comme un dictionnaire. Chaque entrée du dictionnaire est une courte histoire, une réflexion poétique ou un événement étrange, qui s’imbrique dans un récit plus large.

En lisant ce livre, vous découvrirez l’histoire d’amour tragique entre deux personnages, Léa et Daniel, qui sont séparés par la mort. Le livre vous emmènera à travers leurs vies respectives et les moments où ils se croisent et se perdent à nouveau. C’est une histoire d’amour tragique, mais aussi une métaphore pour la condition humaine et les choix que nous faisons dans la vie.

Le livre est écrit dans un style étonnamment déroutant, qui vous plongera dans un monde de confusion et de questionnement. Vous vous demanderez souvent ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, et vous serez émerveillé par les images étranges et les concepts abstraits que l’auteur utilise pour décrire le monde.

Enfin, je dois vous dire que « Le Dictionnaire Khazar » est un livre qui vous fera réfléchir sur la vie, l’amour, la mort et la signification de tout cela. Il vous fera questionner vos propres convictions et vous fera voir le monde d’une manière complètement différente. C’est un livre qui restera avec vous longtemps après que vous l’ayez terminé, et qui vous fera réfléchir à chaque fois que vous y penserez.

En conclusion, je vous recommande fortement de lire « Le Dictionnaire Khazar » de Milorad Pavic. C’est un livre qui vous emmènera dans un monde étrange et fascinant, et qui vous fera réfléchir sur la vie et l’existence. Je suis sûr que vous l’apprécierez autant que moi.

Cordialement,

Un admirateur

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Comment ce livre va me faire réfléchir ?

Dans le dédale des mots et des idées, il existe un ouvrage envoûtant, une énigme littéraire qui promet de dévoiler les secrets les mieux gardés de notre société, des relations humaines et de la nature de l’homme lui-même. Le dictionnaire khazar de Milorad Pavic se présente comme un voyage captivant à travers les méandres de l’histoire, de la mythologie et de la philosophie, où chaque mot révèle un pan caché de la condition humaine.

Au cœur de ce livre énigmatique, nous découvrons une multitude de problématiques contemporaines. Qu’est-ce qui définit notre identité dans un monde en perpétuel mouvement ? Comment les relations entre les individus se nouent-elles et se défont-elles ? Quelle est la véritable nature de l’amour et du désir ? Quels sont les secrets du pouvoir et de la manipulation ? Et quelles sont les émotions qui nous animent et nous définissent ?

En révélant ces secrets du monde, Pavic nous confronte à nos propres questionnements. À travers ses récits foisonnants et ses réflexions profondes, il nous pousse à contempler notre société actuelle et à interroger nos propres existences. Il nous offre un miroir éclatant, où les mystères du passé se révèlent être les échos de notre présent, et où les questions universelles trouvent leur écho dans nos vies contemporaines.

Ainsi, Le dictionnaire khazar nous aide à déchiffrer les codes de notre réalité, à explorer les recoins sombres de notre âme et à comprendre la complexité des relations humaines. En embrassant la plume de Pavic, nous plongeons dans un monde de mots enchantés, où chaque phrase est une énigme à résoudre, et chaque réponse ouvre une porte vers une nouvelle réflexion.

Préparez-vous, cher lecteur, à vous laisser happer par cette œuvre érudite et envoûtante, où les secrets du monde se révèlent au détour de chaque page, et où votre propre compréhension de vous-même et du monde sera bouleversée. Ouvrez les portes du dictionnaire khazar et laissez-vous guider vers une exploration intime et captivante de la condition humaine.

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La version française du Dictionnaire khazar dans les librairies de Waterstones !

https://www.waterstones.com/book/le-dictionnaire-khazar/maria-b-janovska/milorad-pavic/9798869987167

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Le Dictionnaire khazar : de la crise de l’original à la crise de la langue originale

Mathias Verger, Maître de conférences en littérature comparée à l’Université Paris 8 – Saint-Denis. Ses recherches portent sur les imaginaires linguistiques et leurs rapports avec la littérature.

https://journals.openedition.org/trans/1640

« Avec Pavić l’idée du « livre des livres », réalisée sous la forme du dictionnaire, n’est pas le livre intraduisible, mais le livre à traduire infiniment, et le livre lui-même issu de la traduction. Cet inauthentique « dictionnaire khazar » devient donc d’un certain point de vue l’exact contraire des trois livres fondateurs des trois religions monothéistes : sa langue originale (la langue khazare) n’est pas sacralisée et relève d’un mirage, elle ne peut plus détenir de vérité supérieure du fait de son origine divine ou première, car c’est une langue à laquelle on n’accède jamais qu’en traduction tout au long du livre. Si un dictionnaire khazar devait avoir son idiome, ce ne serait pas une langue, mais ce serait le mouvement de la traduction. Et en ce sens la langue khazare rêvée par Pavić s’avère bien plus réelle que toutes les langues originelles postulées, car toutes les langues dites naturelles ne sont jamais que le résultat de contacts interlinguistiques et de transferts, des idiomes toujours déjà hybrides, sans origine unique. Le conte est meilleur quand le compte est bon : il était plusieurs fois la langue. À l’origine, le pluriel. »

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J’adore ! Par Jackalex le 3 Juin 2016

Le dictionnaire Khazar est un « objet » trompeur. Voilà une collection d’histoires courtes, organisée sous forme de dictionnaire. C’est assez peu courant !
Mais il s’agit bien de fictions, tenant davantage du conte érudit que de la simple littérature et campant un orient mystérieux et enchanteur, souvent labyrinthique, foisonnant d’images et d’idées.
En sus, un bel hommage à un peuple fascinant, dont on a cru longtemps qu’il était aussi légendaire que les personnages issus de la riche imagination de Milorad Pavić. J’adore !

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On y pénètre un monde qui n’est pas sans évoquer les Mille et une nuits, épique et légendaire, imprégné de surnaturel. On y chemine aux côtés d’une secte de chasseurs de rêves aptes à lire ceux d’autrui et à y élire domicile, d’une princesse khazare incapable de mourir et qui aurait possédé sept visages, d’un mercenaire ayant créé l’un de ses fils à partir de boue à laquelle il a insufflé la vie. On y croise le Diable, qui travaille comme calligraphe dans un monastère, des jeunes filles dont l’ombre sent la cannelle, des vampires ou des biographes de Saints chrétiens, des philosophes musulmans… On traverse les siècles au fil d’épisodes historiques ou anecdotiques, parfois sanglants, parfois sensuels, marqués de miracles autant que de malédictions. Les oracles y foisonnent, et les mythes religieux se mêlent aux légendes païennes dans ce texte protéiforme qui prend par moments des allures de traité philosophique.

C’est un récit mouvant qui se réinvente à chaque version, comme cherchant, à travers de multiples vérités, l’inatteignable vérité.

Une expérience singulière, fascinante et surtout extraordinairement divertissante.

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NOUVELLE EDITION DE LA GRAINE NOIRE de Taško Georgievski (Cambourakis, 2024)

Littérature macédonienne

Après LE CHEVAL ROUGE, publié il y a un an, l’éditeur Cambourakis publie un deuxième roman de Taško Georgievski, l’un des auteurs majeurs de la littérature macédonienne. Les deux livres, édités en collection Poche, relatent l’époque de la guerre civile en Grèce. Tout l’œuvre de ce grand écrivain est consacrée à cette période tragique dans laquelle un être humain, comme Doné dans LA GRAINE NOIRE, résiste et malgré tout arrive à garder sa dignité.

Traduit du macédonien par Maria Bejanovska.

En pleine guerre civile, Doné, un jeune paysan macédonien, est appelé à combattre dans l’armée du royaume de Grèce. Soupçonné d’être un sym­pathisant communiste, il est fait prisonnier et exilé sur une île avec d’autres soldats. Immédiatement désigné comme le bouc émissaire idéal, il subit travaux forcés et tortures à répétition sous le soleil brûlant et l’œil cruel du capitaine Skaloumbakis et du sous-lieutenant Maki. La ténacité de Doné lui permet cependant de faire face à toutes les formes d’injustice : habité par le souvenir de sa femme, Anguélina, et soutenu par son ami Hristos, ce sont surtout la certitude de son innocence et sa détermination à ne pas trahir ses origines qui lui donnent la force de ne pas perdre son humanité.
Dans le sillage de Doné, qui regarde impuissant ses compagnons d’infortune sombrer dans la folie, Taško Georgievski dépeint avec autant de puissance que d’amertume la souffrance des innocents pris dans les absurdités de la guerre.

Le roman La Graine noire a été traduit dans une dizaine de langues et adapté au cinéma.

Parution le 7 février 2024
176 pages / 115 x 175 mm
10 euros TTC
ISBN 978-2-36624-847-0

Taško Georgievski (1935-2011), l’un des plus importants écrivains des Balkans, est né en Macédoine, dans une de ces familles qui se sont éparpillées de par le monde, fuyant la faim, la guerre, la destruction ou l’assimilation. C’est en 1946, pendant la guerre civile qui ravage la Grèce, que sa famille quitte le village natal. Âgé de onze ans, l’enfant emporte dans ses bagages tout le drame de ses concitoyens. Par la suite, toute son œuvre s’inspirera de ces événements tragiques et de leurs conséquences.

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LA PRESSE en 1997

Le Matricule des Anges

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TOUS CES PETITS DACHAUS SOUS LE SOLEIL DE LA MER EGGEE

La guerre civile grecques (1946-49) a marqué toute une génération d’écrivains et de poètes. Le combat fratricide entre royalistes et communistes dans le nord de la Grèce n’est pas fait de quartier. Des villages, des familles, des amitiés ont dû choisir leurs camps, un canon sur la tempe. Le retard de la démocratie grecque date de cette époque. Et d’après le poète engagé Manolis Anagnostakis, la résistance antifasciste était multicolore, la guerre civile était noire. Lors de l’insurrection communiste grecque de mars 1946, soutenue quasiment uniquement par Tito, le gouvernement royaliste d’Athènes n’a pas pris des gants. En mobilisant les jeunes appelés, les gouvernementaux ont fait le tri. Tous ceux qui avaient des racines ou des convictions démocratiques étaient impitoyablement envoyés dans les îles du diable, centre de relégation. Toute une génération d’écrivains grecs, dont Mikis Théodorakis, qui est passée par cet enfer, ont su décrire ces petits Dachaus sous le soleil de la mer Egée. Mais la dimension inter-ethnique était absente ; On parlait de Grecs de gauche contre les Grecs de droite. Or, dans les camps communistes une grosse partie de la minorité macédonienne slavophone de Grèce avait pris les armes contre la royauté grecque. Cet aspect ne transparait que chez les auteurs macédoniens de Skopje. Dès 1950 le poète Aco Šopov en avait parlé. (Christophe Chiclet, Revue Méditerranée, 1997)

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PRESSE en 2024

COUP DE COEUR de la Librairie Delphica de Genève

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L’ÎLE NUE ET LE MAL

Un court récit d’une force et d’une densité exceptionnelles !

LA GRAINE NOIRE du grand écrivain macédonien Taško Georgievski, traduit par Maria Bejanovska, mérite de figurer parmi les plus beaux textes de la littérature européenne sur les drames et les convulsions du XXème siècle. Un texte magnifique, trop peu connu en Occident et c’est très injuste, ayant presque valeur de parabole sur l’Enfer sur terre. (Pierre Glachant, le 3 mai 2024)

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AudreyT

Doné est un soldat sans arme et sans cheveux. Il vient d’un petit village de Macédoine et a été incorporé de force dans l’armée du royaume de Grèce. On le soupçonne d’être communiste et on le fait prisonnier. Il va alors être exilé, avec de nombreux autres hommes, sur une île perdue où les cris et les coups se perdent dans l’horizon… Je ne serais jamais allée vers ce roman sans le challenge de l’été @vleel_ Il y a peu de littérature macedonienne dans ma PAL et j’ai profité de la sortie de ce roman en février pour découvrir cet auteur. Le récit est court, efficace, direct. On sait peu de chose sur le personnage principal, Doné. Le livre est totalement centré sur son emprisonnement et les tortures qu’ont subi ces hommes. C’est un roman dur, où l’amitié permet à ces soldats de tenir. Les souvenirs du village, et surtout des épouses restées sans nouvelle, sont aussi autant d’images qui apportent le courage nécessaire pour affronter les violences et les humiliations quotidiennes. La graine noire est un roman sur la bassesse et la bêtise humaine. Celles qui poussent des hommes à en anéantir d’autres, sans raison, par simple plaisir ou pour combler les journée d’ennui… Un récit terrible sur des innocents qu’on fait plier, à n’importe quel prix…

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