Maria Béjanovska

Chevalier des Arts et des Lettres
Médaille d’or – Blaže Koneski (Académie macédonienne des Sciences et des Arts)
Plume d’or ( Association des traducteurs littéraires de Macédoine)
Prix du Centre National du théâtre
Membre Sociétaire de la SGDL (Société des Gens de Lettres)
UN ENTHOUSIASME SANS FIN
Mon expérience, ou plutôt ma vocation, de traductrice littéraire est née il y a une cinquantaine d’années. Je venais d’arriver à Paris depuis ma Macédoine natale, pour préparer mon examen de fin d’études à l’Université Saints Cyrille et Méthode de Skopje où j’étudiais la philologie romane, plus précisément la langue et la littérature française.
Un soir, lors d’un dîner organisé par des amis à mon intention, nous avons parlé de littérature et les invités n’ont pas caché leur étonnement de voir une étudiante étrangère connaître non seulement les classiques français mais aussi les écrivains du Nouveau roman. Ils n’ont pas caché non plus leur satisfaction et leur fierté d’être français. Alors je leur ai demandé quels étaient les écrivains macédoniens, serbes ou d’autres nationalités des Balkans qu’ils connaissaient. La réponse a été un grand silence qu’une jeune femme a interrompu pour me dire : « Vous comprenez, il s’agit de petites langues donc de petites littératures et nous, les Français, nous ne sommes pas très doués pour les langues étrangères. Vous, les Slaves, vous avez de la chance d’avoir beaucoup de facilités pour apprendre les langues ». Et puis, a-t-elle ajouté, « nous n’avons pas besoin d’apprendre une langue étrangère pour la simple raison que le monde entier parle le français». Évidemment, je lui ai fait remarquer qu’il est impropre de parler de petites ou de grandes langues, de petites ou de grandes littératures, mais plutôt de bonnes ou de mauvaises littératures.
J’étais très jeune, mais j’ai immédiatement compris que pour faire sortir de leur isolement ces « petites littératures », comme disait cette parisienne, mais que je savais pertinemment pas si petites que ça, il ne fallait pas attendre que les Français apprennent le macédonien, le serbe ou le slovène mais former une bonne équipe de traducteurs et proposer les œuvres d’auteurs yougoslaves aux éditeurs français.
Une tâche bien difficile qui demandait un travail à plein temps et, inutile de le préciser, sans aucune rémunération. Mais comme j’étais très persévérante et que je croyais à mon projet, j’ai réussi, quelques années plus tard, à devenir conseillère littéraire chez Gallimard et lectrice chez quelques autres maisons d’éditions. Cela m’a donné la possibilité de proposer des ouvrages d’auteurs yougoslaves sans passer par des intermédiaires. Mais la proposition ne suffisait pas, évidemment. Il fallait fournir la traduction. C’est ainsi que j’ai décidé un jour de m’atteler à la traduction complète du roman Western Australia de Božin Pavlovski et, un an plus tard, le livre a été publié par Les Éditeurs Français Réunis, une maison d’édition depuis disparue. C’était un événement important pour la littérature macédonienne puisque c’était le premier roman d’un auteur macédonien publié en français. J’ai été invitée dans plusieurs émissions à France Culture, la presse française a été très élogieuse, de nombreux papiers ont paru dans Le Monde, Le Matin, le Nouvel Observateur, dans le Magazine littéraire. On a comparé Božin Pavlovski à Steinbeck en souhaitant de voir paraître d’autres textes du jeune romancier macédonien. Alain Bosquet, l’un des rares connaisseurs français des littératures des Balkans, a écrit dans le Magazine littéraire que Western Australia était sans doute l’un des plus percutants et des plus profonds livres de l’année. Et, en effet, le livre a bien fonctionné : plus de 5000 exemplaires vendus. Pas mal pour un inconnu venu des Balkans ! Et puis : plus rien! L’éditeur a disparu et le projet de publier un nouveau livre du même auteur est tombé à l’eau. Mais il s’est passé quelque chose d’extraordinaire. Une fois publié en français, le livre a connu de nombreuses traductions à travers le monde.
Moi, j’étais déjà ailleurs. Je venais de lire un magnifique texte de Živko Čingo, La Grande eau, un vrai petit bijou que j’ai décidé de traduire sans même songer à chercher un éditeur. Le livre a été publié l’année suivante et a eu aussi un excellent accueil. Le journal Le Monde a même publié sur toute sa dernière page une nouvelle de Živko Čingo que je leur avais proposée, qui a été ensuite sélectionnée parmi les 40 meilleures nouvelles de l’année. Par la suite le roman La Grande eau a été traduit dans d’autres langues. Il est aujourd’hui épuisé dans sa version française, tout comme Western Australia, et je ne désespère pas de les faire republier un jour.* D’autant plus que La Grande eau vient de recevoir le Prix Nocturne 2014. Qui sait, peut-être qu’un jour la manifestation littéraire « les Belles étrangères » sera consacrée à la littérature de la Macédoine ! On peut rêver.
Je voudrais vous citer encore un exemple qui illustre bien l’importance pour un auteur, dont l’œuvre n’a pas franchi les frontières de son pays, d’être publié dans une langue étrangère, notamment en français. Il s’agit de l’écrivain serbe Milorad Pavić. Son roman Le Dictionnaire khazar m’est arrivé entre les mains tout à fait par hasard. Un ami écrivain macédonien m’en a parlé lors de son passage à Paris, un mois plus tard je l’ai acheté pendant mon séjour à Skopje, et, après avoir contacté l’auteur et obtenu son autorisation de le présenter aux éditeurs français, je me suis mise au travail. Il n’était plus question pour moi de traduire un texte complet avant de trouver un éditeur. La tâche s’annonçait cette fois-ci beaucoup plus difficile et demandait un travail sérieux de recherches. J’ai donc préparé un dossier de présentation que j’ai accompagné de quelques extraits traduits en français, et je me suis lancée. Je savais que je tenais un livre exceptionnel mais également très complexe, et je me demandais si j’allais être capable de le défendre de façon efficace. La réponse de plusieurs éditeurs importants a été négative. Grasset était tenté et j’ai été invitée à rencontrer Yves Berger, son directeur littéraire. Il a hésité longtemps avant de me dire que finalement il ne pouvait pas se permettre de prendre le risque. En revanche Pierre Belfond n’a pas hésité à se jeter dans l’aventure et il ne l’a pas regretté. Le Dictionnaire khazar a été un succès. Bernard Pivot, dans son émission à la télévision, l’a présenté comme le livre le plus intelligent qu’il ait jamais lu, la presse s’est déchaînée et Le Dictionnaire khazar est resté pendant plusieurs semaines en tête des listes des best-sellers. Et comme Belfond est allé au bout de sa petite folie en achetant les droits mondiaux, il a été grassement récompensé puisque le livre a connu un véritable succès au Salon du livre à Francfort. Le Dictionnaire khazar est aujourd’hui traduit en 40 langues et est régulièrement réédité à travers le monde.*
J’ai traduit jusqu’à ce jour plusieurs dizaines de romans, recueils de poèmes, de contes et de pièces de théâtres. J’ai toujours choisi les textes que j’avais envie de faire connaître. Beaucoup ont été publiés, d’autres sont restés dans mes tiroirs. Mais je ne le regrette pas, car, il m’est arrivé aussi de faire publier un texte qui avait « dormi » pendant plusieurs années au fond de ma réserve littéraire. Il m’est arrivé aussi de refuser une proposition de traduction pour la simple raison que le texte ne m’enchantait pas, et j’ai toujours refusé de modifier une œuvre à la demande d’un éditeur sans autorisation de l’auteur. Il faut dire que j’avais la chance de disposer de cette liberté, étant donné que j’avais un autre métier, qui me passionnait aussi, celui de journaliste.
Mais je voudrais mettre l’accent sur une chose très importante à mes yeux. Sur une question qui, malheureusement, n’a pas encore attiré sérieusement l’attention des pays dont l’espace linguistique est très limité. Pour faire connaître la littérature de ces pays, en l’occurrence ceux issus de l’ex-Yougoslavie, on ne peut pas se satisfaire de l’enthousiasme d’un ou deux traducteurs qui font le travail de toute une équipe. Sinon, le résultat restera médiocre. Je n’ai pas fait le compte des livres d’auteurs ex-yougoslaves publiés en France, mais le résultat ne doit pas être extraordinaire. Ces auteurs méritent mieux, beaucoup mieux.
Quant à moi, bien évidemment je vais continuer mon petit bonhomme de chemin hors des sentiers battus. Et si je le fais c’est parce que je trouve les écrivains des Balkans exceptionnels. En espérant qu’un jour les éditeurs français ne me demanderont plus d’estimer à combien d’exemplaires se vendrait le livre que je leur propose.
M.B. (2014)
- Le Dictionnaire khazar de Milorad Pavić et La Grande eau de Živko Čingo ont été réédités par Ed. Le Nouvel Attila en 2015 et en 2023/2024 par Editions Flora.

LISTE DES OUVRAGES TRADUITS OU PROPOSES
© Maria Bejanovska
TRADUCTIONS DU MACEDONIEN PUBLIEES:
romans, contes , essais
–WESTERN AUSTRALIA, roman de Božin Pavlovski (Les Éditeurs Français Réunis, 1979). (épuisé) Premier roman macédonien publié en français / Prix « Plume d’or » pour la traduction, décerné par l’Association des traducteurs littéraires de Macédoine.
– LA GRANDE EAU, roman de Živko Čingo, Éd. L’Age d’Homme, 1980. (épuisé)
réédité en version papier par Le Nouvel Attila, 2016.
réédité en version numérique par Editions Flora, 2024 (en attente)
– LE CHEVAL ROUGE, roman de Taško Georgievski, Éd. L’Age d’Homme, 1989. (épuisé)
réédité Editions Cambourakis, 2023
– LA GRAINE NOIRE, roman de Taško Georgievski, Ed. L’Esprit des Péninsules, 1997. (épuisé)
réédité Editions Cambourakis, 2024
– CONTES DE MACEDOINE, selon Marko Tsepenkov, Ed. Mokeddem, Paris, 2010. (épuisé)
réédité en version numérique, Editions Flora, 2023.
– Marko Tsepenkov, essais, Ed. Makedonska revija, Skopje, 1979.
– SORCIERE , roman de Venko Andonovski. Ed. Kantoken, Bruxelles, 2015 (épuisé)
-LA PEUR DES BARBARES , roman de Petar Andonovski (Ed. Grassroots, oct. 2022; version numérique Editions Flora, nov. 2023)
– « La Petite Princesse », conte de Goce Smilevski , Éditions Flora 2024 ; (à paraitre)





Nouvelles et récits
-MON CHER MARI, nouvelles de Rumena Bužarovska (Ed. Gallimard, sept. 2022)
- réédition en poche FOLIO (Gallimard, février 2024)
-JE NE BOUGE PAS D’ICI, nouvelles de Rumena Bužarovska (Ed. Gallimard, janvier 2025)
–LORSQUE J’AI QUITTE KARL LIEBKNECHT, récits de Lidija Dimkovska (Ed. Fédération des Éditeurs Européens, 2019) Prix de Littérature de l’Union européenne.
-LA FILLE DE L’ONCLE FROM, nouvelle de Živko Čingo, (Le Monde, 1981;revue Nyx, 1990)
-LES EXCLUS, nouvelle de Živko Čingo, (revue Nota Bene, 1984)
-L’ESPRIT AMOUREUX, nouvelle de Živko Čingo, (revue Europe, 1978)
-LA CHAMBRE INTERDITE, nouvelle de Slavko Janevski (revue Europe,1985)
-LES PATRIOTES, nouvelle de Kole Čašule, (revue Nota Bene, 1984)
-LES ESCARGOTS, nouvelle de Dimitar Solev (revue Europe, 1978)
-LE REVENANT, nouvelle de Petre Andreeveski, (revue Europe, 1978)
-VENTS SECS, nouvelle de Taško Georgievski, (revue Europe, 1978)
poésie
– Un autre oiseau dans un autre temps, poèmes de Radovan Pavlovski, Ed. L’Age d’Homme, 1982. (épuisé)
– L’état de siège, poèmes de Bogomil Gjuzel, Ed. L’Arbre à paroles, Belgique, 2006. (épuisé) ; (revue Poésie, 1983)
–Poètes macédoniens, (revue Artère, 1983)
–Le goût des étoiles, Vlada Urošević, (revue Nota Bene, 1984)
-Situation limite, Lidija Dimkovska (Soirées poétiques de Struga, 2022)
–Boussoles confuses, Zoran Ančevski, (Soirées poétiques de Struga, 2023)
TRADUCTIONS DU MACEDONIEN PROPOSEES :
avec extraits traduits en français
romans, nouvelles
– « Paskvelia », récits de Živko Čingo
– « Destin » de Blagoja Ivanov
– « Le Vingt-et-Unième » de Tomislav Osmanli
– « L’attrape-papillons« , nouvelles de Dragi Mihajlovski
– « Champs de narcisses sauvages » , roman de Vinka Sazdova
– « Luna« , roman de Vinka Sazdova
– « Ervehe« , roman de Luan Starova
– « Les Balkanbabyloniens » , roman de Luan Starova
– « Le retour des chèvres« , roman de Luan Starova
– « Les hors la loi» roman de Vlada Urošević. (traduction intégrale)
– « Indigo Bombay« , roman de Jagoda M. Georgieva
– « L’Avalanche« , roman de Boris Višinski (traduction intégrale)
– Récits de Macédoine.
– « Deux oreillers« , récits d’Olivera Ќorveziroska.
– « Gargara« , roman de Igor Stanojoski
-« Dyssomnies« , roman de Igor Stanojoski
– « Une vie de rechange« , roman de Lidija Dimkovska (Prix de Littérature de l’Union européenne)
– « Non-Oui« , roman de Lidija Dimkovska
– « Chacun avec son propre lac« , nouvelles de Nenad Joldeski (Prix de Littérature de l’Union européenne).
– « Vers rugueux« (« La baie des hiboux ») , roman de Milovan Stefanovski
-« Une semaine dans la vie et la mort de Grozdan« , roman de Svezdan Georgievski
-« Pays des réfugiés« , roman de Kica Kolbe
-« Le Chevalier et la Byzantine« , roman de Kica Kolbe
– « Le Pardon », roman de Kica Kolbe
-« Le chien au regard triste« , roman de Olivera Nikolova
-« La porte étroite« , roman de Olivera Nikolova
-« Un été sans toi », roman de Petar Andonovski (traduction intégrale)
-« Le Matricule unique », roman de Lidija Dimkovska
–« Une histoire vraie mais pas très probable de la famille Pustopolski, de la maison au bord du Vardar et des quatre bagues » » roman de Vlada Urošević
-« LES EXTRATERRESTRES » (Les femmes étranges) (Récits du Quartier Latin) de Vlada Urošević
- Trois Marias, roman de Olivera Ќorveziroska
poésie, propositions
Traductions du macédonien en français :
– Poèmes de Vlada Urošević
– « On l’a échappé belle », poèmes de Katica Ќulavkova
– Poèmes de Igor Isakovski
– Poèmes de Lidija Dimkovska
– Poèmes de Nikola Madžirov
– Poèmes de Liljana Dirjan
-Poèmes de Milovan Stefanovski
-Poèmes de Risto Vasilevski
-Poèmes du lac de Risto Lazarov
–Poèmes de Zoran Ančevski

TRADUCTIONS DU SERBE PUBLIEES
romans
– Le Dictionnaire khazar, roman de Milorad Pavić, Ed. Belfond, 1988.
– livre de poche, Pocket, 1993, (épuisé)
– Le Dictionnaire khazar , version androgyne, Mémoire du Livre, 2002, Paris. (épuisé); –
– Le Dictionnaire khazar, Le Nouvel Attila, 2015. (épuisé)
– Le Dictionnaire khazar, version électronique interactive, Editions FLORA, 2023
– Le Dictionnaire khazar, broché, Edition Flora, 2024.


– Le Lévrier russe , nouvelles de Milorad Pavić, Ed. Belfond, 1991.(épuisé)
– Les miroirs empoisonnés, nouvelles de Milorad Pavić, Ed. Venus d’ailleurs, 2012.
– La Porte secrète , roman de Miroslav Aćimović, Ed. Flammarion, 1991. (épuisé)
– La boîte à écriture, roman de Milorad Pavić (Ed. Le Nouvel Attila, 2021)
– Exemplaire unique (Unikat), roman de Milorad Pavić (Ed. Monts Métallifères, 14 oct. 2021)


–Le Cahier volé à Vinkovci /Investigateur (Prix NIN 2015), roman de Dragan Velikić (Ed. Agullo, 2021)
Réédition Livre de poche, 2023
– La Fenêtre russe, roman de Dragan Velikić (Prix NIN 2007) (Ed. Agullo, 2022)
–Bonavia , roman de Dragan Velikić (Ed. Agullo, fév. 2024)



–Insomnies, de Ivo Andrić (revue Nota Benne, 1984)
– Iskra, roman de Vidosav Stevanović, (Edition Flora, 2024)
poésie
– Poèmes de Vasko Popa, Serbica, 2013 (Revues: Poésie, Nota Bene et Digraphe, 1985)
– Svetlana Angélique , poèmes de Drachko Drachkovitch, Éditions Monti-Curi, 1988 (épuisé)
TRADUCTIONS DU SERBE PROPOSEES, avec extraits traduits :
–La toile d’araignée, roman de Vidosav Stevanović
– Le miroir invisible et le Pain multicolore , roman pour la jeunesse de Milorad Pavić (trad. intégrale)
– L’autre corps , roman de Milorad Pavić (traduction intégrale)
– Manteau en étoiles, roman de Milorad Pavić
– Les sept péchés mortels, roman de Milorad Pavić
– Théâtre en papier, roman de Milorad Pavić
- – Le faux grain de beauté, roman de Milorad Pavić (traduction intégrale)

TRADUCTIONS DU CROATE PROPOSEES, avec extraits traduits:
– Lettres de la Mort, roman de Mate Maras
– Le coffre, nouvelles de Aldo Kliman

TRADUCTIONS DU FRANCAIS EN MACEDONIEN PUBLIEES:
– Racines barbares, roman de Stefani Senar, Ed. Misla, 2000, Skopje, Macédoine.
–Le Firman , roman de Stefani Senar, Ed. Kultura, 2005, Skopje, Macédoine.
– L’Enfant que tu étais , roman d’Alain Bosquet »Ed. Misla, Macédoine,
– Le Squelette et la Rose, poèmes de Robert Sabatier, Ed. Misla, Macédoine.
– Poèmes de George-Emmanuel Clancier, de Jacques Roubaud, d’Alain Bosquet, de Michel Deguy, d’Henri Meschonnic, de Lionel Ray, de Robert Sabatier…etc. , publiés dans la revue littéraire « Razgledi », Skopje, Macédoine.
– Anthologie de la poésie française, Ed. Matica Makedonska, 2006, Skopje.
– Textes poétiques de Joël Vernet lus aux Soirées poétiques de Struga, 2021, et publiés dans les revues en Macédoine.
TRADUCTIONS DU FRANCAIS EN MACEDONIEN PROPOSEES:
– Rumeur du silence, de Joël Vernet (Ed. Fata Morgana, 2012)
–Celle qui n’a pas les mots, de Joël Vernet (Ed. Lettres vives, 2009)
–L’adieu est un signe, de Joël Vernet (Ed. Fata Morgana, 2015)
–L’oubli est une tache dans le ciel, de Joël Vernet (Ed. Fata Morgana, 2020)
–Carnets du lent chemin , de Joël Vernet (Ed. La rumeur libre, 2019)
–Holocène pour mémoire, de Hervé Pierre Lambert (éditions du Petit Véhicule, 2014).



THÉÂTRE
TRADUCTIONS PUBLIEES
du macédonien en français
Le Démon de Debarmaalo de Goran Stefanovski, Ed. L’Espace d’un Instant, Paris, 2010. (création). Prix du Centre National du théâtre pour la traduction. (création)
Černodrinski revient à la maison de Goran Stefanovski, Éditions l’Espace d’un Instant, 2013, Paris. (création)


Esperanza de Žanina Mirčevska, Éd.L’Espace d’un Instant, 2008, Paris. (création)
Effeuillage de Žanina Mirčevska, Ed.L’Espace d’un Instant, 2008, Paris. (lecture)
Werther&Werther de Žanina Mirčevska, Éd.l’Espace d’un Instant, 2008, Paris. (création)
La gorge de Žanina Mirčevska, Éditions l’Espace d’un Instant, 2013, Paris. (lecture)
Cunégonde en Carlaland de Venko Andonovski, Éditions l’Espace d’un Instant, 2013, Paris. (lecture)
Éloge du contraire, essais de Goran Stefanovski, Éditions l’Espace d’un Instant, janvier 2023.
La chair sauvage, de Goran Stefanovski (Editions Flora, 2024) – (lecture au Festival Regards croisés à Grenoble; lecture « Hommage à Goran » au Festival du Théâtre Européen, Paris, 2019)



TRADUCTIONS PROPOSEES (théâtre):
du macédonien en français
« Utérus » de Dejan Dukovski (trad.intégrale)
« Les langues de feu » de Goran Stefanovski (trad.intégrale) (recommandé par Eurodrame, palmarès 2014)
« La génétique des chiens » de Venko Andonovski (trad.intégrale)(recommandé par Eurodrame, palmarès 2014)
« À quoi rêvent les cochons pendant que le cuisinier renie sa mère publiquement » de Žanina Mirčevska (recommandé par Eurodrame, palmarès 2014)
« Tout un chacun » de Goran Stefanovski (traduction intégrale)
« Le nombril du Monde » de Venko Andonovski (traduction intégrale)
« Le ver ou de la vie de mon voisin » de Marinko Šlakeski (trad. intégrale)
« Mur-Eau », de Živko Čingo (adaptation du roman La grande Eau; (trad. intégrale)
du serbe en français
« Médée l’Étrangère » de Vidosav Stevanović (trad. intégrale)
» Pour toujours et un jour de plus » de Milorad Pavić (trad. intégrale)
du croate en français
« La Nuit des Dieux » de Miro Gavran (trad. intégrale)
du français en macédonien:
« Pardon » de Sabine Revillet (traduction intégrale) Lecture au Théâtre National à Skopje, 2015.
« Tchin-tchin » de François Billedoux (1980) publié dans la revue du Théâtre national de Macédoine.
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PRESSE ET EVENEMENTS
Dans « La condition du traducteur » de Pierre Assouline, CNL, 2011., page 108):
« La révélation en langue française d’un certain nombre d’auteurs et de livres traduits des langues balkaniques doit beaucoup à Maria Béjanovska, traductrice d’origine macédonienne, née dans l’ex-Yougoslavie, installée à Paris depuis une quarantaine d’années : Western Australia de Božin Pavlovski, La grande eau de Živko Čingo, le fameux Dictionnaire khazar de Milorad Pavić, notamment. Après avoir traduit en français une trentaine de romans, recueils de poèmes, pièces de théâtre, contes, qu’elle avait découverts avant de les faire découvrir aux éditeurs français, ce qu’elle n’aurait pu faire si le journalisme ne la faisait vivre par ailleurs, elle conclut en assurant qu’elle poursuivra sa quête hors des sentiers battus par admiration pour ces écrivains, en espérant que : »Un jour les éditeurs français ne me demanderont plus d’estimer à combien d’exemplaires se vendrait le livre que je leur propose (…) Je travaille en ce moment à la traduction du roman Sorcière de Venko Andonovski, écrivain macédonien. Je pense que j’ai entre les mains un chef-d’œuvre, mais comment le faire comprendre aux éditeurs français ? »
Dans « Le Dictionnaire Universel des Créatrices »

Présentation de mes dernières traductions du macédonien à l’INALCO, le 30 novembre 2022
Mon cher mari, de Rumena Bužarovska (Ed. Gallimard)
La peur des barbares, de Petar Andonovski (Ed. Grassroots)
Eloge du contraire, de Goran Stefanovski (Ed. L’Espace d’un Instant)

Dans le jardin des Editions Gallimard avec Rumena Bužarovska et Aurore Touya:



entretien de Rumena Bužarovska avec la journaliste du journal Le Monde. (sept. 2022)
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Promotion de La Grande eau (Ed. Le Nouvel Attila) à l’INALCO, février 2016:

Promotion du Dictionnaire khazar (Ed. Le Nouvel Attila) au Centre culturel de la Serbie, Paris 2015 :

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Au Festival de théâtre « Regards croisés » à Grenoble avec Žanina Mircevska (2014):


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Promotion de Le Démon de Debarmaalo de Goran Stefanovski, Paris 2014:


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Promotion de Western Australia de Božin Pavlovski, le premier roman d’auteur macédonien traduit en français, à la librairie Yougo-France, Paris 1978 : avec Bozin Pavlovski et André Lacase (au centre)

Avec Eugène Guillevic, un grand ami :

et le poème qu’il m’a dédicacé : « L’hirondelle et la grenouille ».

La remise de la Médaille d’or Blaže Koneski décernée par l’Académie macédonienne des Sciences et des Arts (octobre 2019):



***
Maria Béjanovska, journaliste à Radio France Internationale, a reçu les insignes de Chevalier dans l’Ordre National des Arts et des Lettres.
C’est Jean-Paul Cluzel, Président de Radio France, qui lui a remis cette décoration lors d’une réception organisée dans les locaux de RFI le 7 novembre 2006.
Dans son allocution, Jean-Paul Cluzel a salué le travail exceptionnel de Maria Béjanovska dans le domaine du rapprochement des cultures en Europe, notamment par les deux magazines qu’elle a animés pendant sept ans sur les ondes de Radio France Internationale : « L’autre Europe » et « Nouvelle Europe ».


J’ai passé 20 ans dans la Maison ronde au bord de la Seine, traversé l’Europe de l’Est en long et en large, connu aussi l’Afrique pendant un certain temps. J’ai eu la chance de pouvoir traverser la Russie en Transsibérien (de Moscou à Vladivostok) et une partie de l’Afrique en train, de Ouagadougou à Abidjan. Mes voyages ont nourri de nombreux reportages diffusés dans les deux magazines, L’autre Europe et La Nouvelle Europe (RFI), que j’ai eu le grand plaisir d’animer.


Libération
Irkoutsk. RFI, «l’Autre Europe», vendredi à 18 h 40.
publié le 25 février 2000
Le magazine de Maria Béjanovska, l’Autre Europe, se consacre entièrement aux pays de l’Europe centrale et orientale. Avec son petit accent de fille de l’est, la présentatrice recevait la semaine dernière deux invités venus parler de la musique klezmer. Aujourd’hui, pas d’invités mais un reportage. Maria Béjanovska revient d’Irkoutsk, située à plus de neuf mille kilomètres de la Maison ronde. Cette grande ville de Sibérie orientale, située en plein milieu de la taïga, est surnommée «le petit Paris de la Sibérie» parce que les francophones et francophiles y sont nombreux. Au XIXe siècle, des décembristes y furent exilés après la révolution de 1821. Ils emmenèrent dans leurs bagages le français, que l’on parlait traditionnellement dans ces familles depuis des siècles, et l’attrait pour la culture hexagonale. En 1948 était créée dans la ville une université linguistique de haute réputation internationale. Sur les 3 000 étudiants, 350 apprennent un français de très haut niveau. C’est bien connu, les Russes sont très doués pour les langues, mais il y a aussi autre chose. Leurs méthodes de travail sont particulièrement élaborées et efficaces. Maria Béjanovska s’est demandé pourquoi. «C’est plus l’approche communicative. On crée nous-mêmes des manuels qui sont basés sur l’approche cognitive ou communicative. Actuellement, on est en train de faire un manuel de grammaire, en collaboration avec des professeurs de l’université Paris-VIII, qui sera destiné à nos étudiants. On s’appuie largement sur l’approche audiovisuelle.» En fin d’études, les élèves préparent un dossier consacré à la France, «ses traditions, ses prestiges, ses capitales». C’est bon d’entendre parler de l’Hexagone comme de l’Eldorado.
RFI à Paris: 89 FM, sur le Web: http://www.rfi.fr
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La Croix
- BOUVET Bruno,
- le 23/11/2002 à 00:00
Le léger accent qui accompagne ses mots choisis renseigne sur ses origines slaves. Mais ce mélange indique aussi que Maria Bejanovska a toujours maintenu un lien entre sa Macédoine natale et la France. « J’ai toujours vécu entre deux cultures, confie-t-elle. Lorsque je me suis inscrite à l’université de Skopje, je voulais déjà être journaliste. Mais j’ai souhaité également apprendre les langues, et particulièrement le français ». Experte dans l’usage de notre grammaire, la jeune femme se rend en France où elle fait une rencontre qui la retient dans l’Hexagone. Sans l’éloigner tout à fait de son pays… Ce pont entre les deux pays est justement le fondement de « L’autre Europe », l’émission que présente Maria Bejanovska depuis trois ans et demi sur l’antenne de Radio France Internationale. Un magazine d’une grande diversité où elle fait découvrir les aspects culturels, politiques, historiques ou géographiques des « petits » pays d’Europe de l’Est. « Je connais tous les trésors qu’ils recèlent, y compris dans le domaine des arts ou de la littérature », s’enthousiasme celle qui raconte comment elle a rapporté, un jour, 11 sujets de reportages d’un voyage en Estonie. Ce vendredi 29, l’émission nous emmène notamment en Ukraine, à la faveur d’un reportage d’Alain Guillemoles, journaliste à La Croix, qui fait découvrir une étonnante coutume…
B. B.
(1) Rediffusion le dimanche à 22 h 40.
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Les ondes
Maria Béjanovska a de l’avance. Depuis quatre ans déjà, dans son émission « L’autre Europe », créée justement en prévision de l’élargissement de l’Union, elle visite, raconte, explique les pays de l’Europe centrale et orientale aux auditeurs de RFI. De retour de Pologne, elle analyse les réactions de ce pays qui, depuis toujours, a des liens constants avec la France. Citons le mariage de Louis XV et de Marie Leszczynska, les amours de Napoléon 1er et de Maria Walewska, l’émigration des riches et des princes pour fuir l’occupation russe, puis celle de travailleurs au début du 20ème siècle. N’y a-t-il pas une place Stanislas à Nancy, en souvenir du père de Marie Leszczynska ? « Nous avons travaillé, comme toujours, dans les deux sens, dit-elle : en racontant aux Polonais l’Europe vue d’ici et la Pologne à ceux de nos auditeurs qui la connaissent encore mal. L’objectif de « L’autre Europe » est aussi de permettre aux habitants des pays de l’Est européen de mieux se connaître les uns les autres. Avec ces semaines consacrées systématiquement à un pays différent, RFI remplit son rôle de radio internationale.
Lorsque j’ai commencé l’émission, beaucoup de gens me disaient : mais il ne se passe rien là-bas, comment vas-tu tenir dans la durée ? Aujourd’hui, ce monde apparaît si riche que je suis étonnée moi-même. Lorsque je suis allée en Estonie, je pensais rapporter de quoi faire deux émissions, j’en ai fait onze ! Le plus étonnant, outre leur dynamisme, est sans doute leur lucidité : les Polonais, par exemple, analysent très bien les avantages qu’ils ont à intégrer l’Union, mais aussi les difficultés que cela peut leur apporter. Ils s’interrogent sur les résultats du futur référendum. Mais ils n’entreront pas timidement dans cette Europe réunifiée. Ils sont bien conscients qu’ils ont un rôle à y jouer.
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