

Avant son émergence auprès du grand public, Ravyn Lenae était déjà la chanteuse R&B préférée des plus grands artistes R&B du moment. Originaire de Chicago et membre du collectif Zero Fatigue de Smino, elle signe, encore adolescente, chez Atlantic Records en 2016, puis part en tournée avec SZA et Noname les années suivantes. Elle s’impose alors comme une voix audacieuse et polyvalente avec des sorties comme l’EP Crush en 2018 et son premier album, Hypnos, en 2022. Mais c’est Bird’s Eye qui l’a propulsée sur le devant de la scène en 2024, notamment grâce au succès fulgurant de son single « Love Me Not ». C’est sous ce nouveau coup de projecteur que la chanteuse passe l’année suivante à redéfinir ses propres ambitions. Elle voit ses écoutes grimper en flèche et assure même la première partie des concerts de Sabrina Carpenter et de Reneé Rapp. Mais que doit-on abandonner pour atteindre ses rêves ? Lenae se pose la question dans son troisième album, Blue Island, et explore ces moments entre passé révolu et possibilités futures. Tirant son nom de la ville de la banlieue sud de Chicago où elle a grandi, cet album nous présente une artiste en pleine transition, à la fois tournée vers l’avenir et ancrée dans ses racines. Sur « Familiar Dreams », elle s’adresse à un amant devenu étranger, se demandant ce que sont devenus les sentiments qu’ils ont partagés. Plus soul, le titre « Never Let Me Go » se termine par un appel à ses grands-parents : elle a besoin de leur aide pour terminer une phrase de sa chanson. Son duo avec Dominic Fike, « Reputation », porté par une guitare acoustique mélancolique, parle du retour d’une vieille flamme, et « Handle » fusionne le grunge des années 90, la new wave et l’univers de Santigold. Ces deux titres révèlent l’influence étrange du temps sur nous. C’est, sur le plan sonore, l’album le plus expérimental de la carrière de Lenae, un projet qui se délecte de l’équilibre parfait entre nostalgie et espoirs futurs. En d’autres termes : le présent.