Ovide, « Héroïdes », traduction en français d'Octovien de Saint-Gelais, f. 42v - 1505-1515 - BnF, département des Manuscrits – Français 873
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Trésors et secrets d’écriture. Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France du Moyen Âge à nos jours

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Cité internationale de la langue française - château de Villers-Cotterêts

Ovide, « Héroïdes », traduction en français d'Octovien de Saint-Gelais, f. 42v - 1505-1515 - BnF, département des Manuscrits – Français 873

La Cité internationale de la langue française, inaugurée en 2023, accueille dans le château de Villers-Cotterêts sa première grande exposition patrimoniale. Consacrée aux manuscrits français, celle-ci a été conçue par la BnF en collaboration avec le Centre des monuments nationaux.

L’exposition Trésors et secrets d’écriture présente, à travers plus d’une centaine d’objets, les multiples métamorphoses du manuscrit dans le domaine français. On y rencontre des grands noms de la littérature et de la pensée, des textes majeurs, des chefs-d’œuvre de l’enluminure, mais aussi des documents méconnus, curieux ou émouvants, extraits pour l’occasion des collections des départements des Manuscrits et des Arts du spectacle, de la bibliothèque de l’Arsenal et de la Réserve des livres rares.

Des manuscrits couvrant tous les champs du savoir

Le domaine exploré est très vaste, du XIIe siècle à aujourd’hui. Si la dimension historique est présente tout au long de l’exposition, le choix a été fait de proposer un parcours, non pas chronologique, mais plutôt fondé sur les usages et la matérialité des manuscrits, en associant les époques à l’intérieur de chaque séquence. Il s’ouvre sur la progressive affirmation du français médiéval comme langue de civilisation, capable de décrire le monde, de porter un discours érudit, philosophique ou politique. Cette affirmation, à l’époque moderne et contemporaine, se traduit par une prodigieuse variété de manuscrits de scientifiques et d’intellectuels, rédigés par des inconnus ou des noms illustres, de Descartes à Lévi-Strauss, de Montesquieu à Émilie du Châtelet, et couvrant tous les champs du savoir, de la physique à l’ethnologie, de l’astronomie à l’ésotérisme.

L’émergence du manuscrit autographe

L’immense domaine des textes littéraires est exploré en deux temps. Au Moyen Âge, les manuscrits sont conçus comme des objets finis et produits par des professionnels (copistes, enlumineurs). Les notions modernes de genre ou d’auteur n’ont pas encore cours : copiés, adaptés, empruntés, traduits, les romans et poèmes médiévaux sont des textes en perpétuelle transformation. Au XVIIe siècle, de rares manuscrits autographes commencent à être conservés. Mais c’est surtout à partir du Romantisme que se multiplient les témoignages de la littérature en train de se faire, illustrés dans l’exposition par des manuscrits de romanciers et dramaturges, parmi lesquels Hugo, Sand, Flaubert, Proust, Beauvoir, Pagnol, Beckett, Queneau, Koltès… Scénarios élaborés ou fragments, textes achevés ou ébauches, pages d’écriture limpides ou saturées de ratures, volumes imposants ou modestes cahiers d’écolier, ils illustrent, par leur contenu comme par leur matérialité, le rapport singulier de chaque écrivain à la création.

Témoins de l’écriture intime

Une dernière séquence est consacrée aux manuscrits de l’intimité et de l’échange privé. L’émergence d’une écriture personnelle, exprimant l’expérience individuelle, l’originalité d’un rapport à soi, aux autres et au monde, est un lent processus dont les manuscrits sont les premiers témoins, des « livres de raison » apparaissant à la fin du Moyen Âge aux formes modernes du journal intime. Une évolution similaire caractérise la correspondance, à laquelle est consacrée la dernière salle : soumise à des modèles rhétoriques au Moyen Âge, l’écriture épistolaire s’émancipe progressivement aux XVIIe et XVIIIe siècles, ce dont témoignent de précieuses lettres autographes de Racine, Sévigné, Rousseau ou Voltaire. Enfin, à l’époque contemporaine, la lettre devient la forme d’écriture la plus démocratique qui soit : écrivain ou quidam, chacun s’approprie cette forme d’écriture par laquelle s’exprime l’individualité et se construit la relation à l’autre. Les lettres amoureuses de Chateaubriand et Paul Morand, les collages ludiques envoyés par Jacques Prévert à ses proches concluent ce voyage au pays de l’encre et du papier.

 

En savoir plus sur le site de la Cité internationale de la langue française

Commissariat

  • Thomas Cazentre, BnF, département des Manuscrits
  • Graziella Pastore, BnF, département des Manuscrits

Informations pratiques

DATES

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Du 5 novembre 2025 au 1er mars 2026

Accès

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Cité internationale de la langue française - château de Villers-Cotterêts
1, place Aristide Briand
02600 Villers-Cotterêts